Le monde académique flamand récolte un million d’euros pour les jeunes victimes de la pauvreté

Plus de 180 professeurs de l'ensemble des universités flamandes lancent une action de solidarité intitulée "1000 x 1000" pour venir en aide aux enfants et jeunes défavorisés, qui sont les plus touchés par la crise du Covid-19. Les professeurs encouragent le monde académique à verser 1.000 euros dans trois projets distincts de la Fondation Roi Baudouin. Et ils réclament un "nouveau contrat social", à savoir une répartition plus juste des moyens et des charges.

"Chers collègues, l’impact de la crise sanitaire est réparti de façon inégale dans la société". C’est ainsi que débute la lettre adressée par un groupe de professeurs à leurs collègues du monde académique. Ils sont convaincus que les enfants et les jeunes de familles vivant dans la pauvreté ont été les plus touchés par la crise du coronavirus. C’est pourquoi ils appellent leurs pairs à s’unir pour rassembler un million d’euros dans le cadre de l’action de solidarité 1000 x 1000. Plus précisément, ils demandent à leurs confrères de verser chacun 1.000 euros. Les 180 professeurs, dont cinq recteurs d’universités flamandes, l’ont déjà fait.

Ces dons serviront à soutenir trois projets de la Fondation Roi Baudouin à destination des plus jeunes : le Fonds de lutte contre la pauvreté infantile, Boost for talents - un projet pour soutenir de jeunes talents issus de milieux socio-économiques fragiles - et Kleine Kinderen, Grote Kansen, un projet qui aide les enseignants à mieux réagir face à la pauvreté.

Un nouveau contrat social

Le coronavirus et le confinement font davantage de dégâts dans les quartiers où la situation socio-économique est moins favorable, invoque encore le monde académique du nord du pays. "Les personnes qui ont un faible niveau d'éducation sont les plus durement touchées: par le chômage, par de moins bonnes conditions de logement, par l'incertitude."

"Nous demandons instamment des réformes structurelles, une répartition plus juste des moyens et des charges, avec notamment des impôts sur le salaire et le patrimoine plus équilibrés, une transition climatique équitable sur le plan social, une solidarité intergénérationnelle indispensable et la création de nouvelles opportunités pour toutes les personnes qui rencontrent des difficultés dans cette nouvelle économie du savoir", explique la professeure Bea Cantillon (UAntwerpen, photo).

Le Limbourg est l’une des provinces les plus touchées par la pauvreté, et notamment celle qui affecte les enfants. C’est pourquoi l’Université de Hasselt participe avec enthousiasme au projet de solidarité. "Nous voulons nous aussi faire des efforts, mais nous réclamons en fait une nouvelle approche des politiques", précisait le vice-recteur Jean-Michel Rigo.

"Il n’y a qu’une approche structurelle qui peut faire la différence à longue échéance. Les jeunes défavorisés sont par exemple souvent peu qualifiés. Leur formation doit être adaptée, afin qu’il puisse avoir leur place dans la nouvelle économie".

WAJ

Les plus consultés