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Les chasseurs de Flandre veulent répertorier le gibier grâce à l’appli ‘Wilder’

La fédération limbourgeoise de chasseurs Hubertus Vlaanderen lance la première application de chasse en Flandre, baptisée ‘Wilder’. Elle est gratuite, mais fait appel à la collaboration des citoyens pour repérer le gibier dans la nature. Des promeneurs, joggeurs, agriculteurs et membres des services de l’ordre sont ainsi encouragés à signaler la présence de gibier qu’ils auraient constatée. Les chasseurs estiment que l’application permettra de contrôler la présence locale de gibier et de rassembler des données qui permettront aux administrations et aux scientifiques d’avancer. Par exemple pour s’attaquer à des problèmes ciblés, comme la présence trop importante de sangliers dans certains endroits. "Plus les citoyens introduiront des données dans l’appli, plus les scientifiques pourront répertorier les comportements des sangliers, perdrix et loups", indique Yoeri Jorissen, président de la fédération limbourgeoise de chasseurs.

"Les informations seront partagées avec les associations de défense de la nature. Ainsi, quand quelqu’un voit passer un loup, il pourra renseigner l’endroit précis via l’application Wilder. C’est aussi intéressant pour les associations environnementales et les scientifiques de l’Institut de recherche des forêts et de la nature", précise Jorissen. Même des animaux plus "exotiques", tels que le raton laveur, l’oie d’Egypte, ou le muntjac peuvent être signalés via l’appli, en y ajoutant une photo.

La surpopulation des sangliers, par endroits, devrait ainsi aussi pouvoir être plus facilement affrontée. "A la suite d’un accident impliquant des sangliers ou une biche, le témoin pourra le signaler via l’appli. Celle-ci contient un système GPS. On sait ainsi tout de suite où l’on se trouve quand on allume l’application. Un chasseur peut alors immédiatement se rendre sur place et voir ce qu’il faut faire", précise Yoeri Jorissen.

"Déployée sur l’ensemble de la Flandre, l’application modernise la pratique de la chasse et favorise la cohabitation entre l’homme et l’animal", estime Jorissen. Un chemin ou un carrefour où beaucoup d’animaux sont tués par des véhicules qui passent peut ainsi être renseigné comme problématique et attiré l’attention des chasseurs locaux.

"La chasse fait partie de la vie en société : communiquer de façon moderne pour s’attaquer aux problèmes est certainement positif pour le secteur", constate Geert Van den Bosch, directeur de la fédération Hubertus Vlaanderen. "En communiquant des informations aux bonnes instances, il est possible de prendre ses responsabilités de façon encore plus ciblée pour veiller sur la biodiversité en Flandre".
 

Des voix critiques

Frederik Thoelen du Centre de sauvetage de la nature ne se montre pas aussi enthousiaste à propos de la nouvelle application (photo). "Je ne vois pas pourquoi les chasseurs doivent récolter ces informations. Si vous repérez des animaux dans la nature, vous pouvez actuellement déjà le signaler via le site internet www.waarnemingen.be du Natuurpunt. Si vous voyez un loup, vous pouvez l’indiquer à l’organisation Welkom Wolf. Et lors d’un accident impliquant des sangliers, on peut s’adresser au refuge pour les animaux sauvages. Il sait au mieux ce qu’il faut faire", indique Thoelen.

Les chasseurs avaient été critiqués l’an dernier lorsque l’Agence pour la Nature et les Forêts avait annoncé que la louve Naya avait probablement été abattue, vraisemblablement par des chasseurs. "Je pense que nous nous engageons dans un chemin plus positif, grâce à cette application", estime Yoeri Jorissen. "Il faut respecter toutes les créatures dans la nature et j’espère que cette appli pourra y contribuer".

Les chasseurs estiment qu’il faudra beaucoup d’efforts pour limiter la population de sangliers dans le Limbourg. "En raison de l’interdiction temporaire de chasse dans la zone d’habitat des loups, on n’y a pas chassé le sanglier. Nous nous attendons donc à ce que les sangliers fassent beaucoup de dégâts cet hiver".

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