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La Belgique dépêche une équipe médicale à Lesbos, via B-Fast

Une équipe médicale d'urgence de 13 personnes est envoyée à Lesbos, en Grèce, via le mécanisme B-Fast, annonçaient jeudi soir les Affaires étrangères. L’aide fait suite aux deux incendies qui ont ravagé le camp de réfugiés de Moria. La ministre de l’Asile et la Migration, Maggie De Block, a pour sa part indiqué que la Belgique n’a pas encore reçu de demande d’accueillir des migrants ou demandeurs d’asile venant du camp de Moria. Mais elle examinera la demande quand elle arrivera.

Le mécanisme B-Fast concerne la Défense, l'Intérieur, la Santé publique, la service public fédéral Stratégie et Appui (Bosa), les Affaires étrangères et la Coopération au développement. Cette décision répond à la demande du Ministère grec de la Santé à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de l'aider à faire face à la destruction totale du centre d'accueil et à prévenir la propagation du Covid-19 dans le camp en proie aux flammes.

D’après les Affaires étrangères, la Grèce a besoin d'une équipe médicale d'urgence et d'un laboratoire mobile d'intervention rapide, ainsi que du matériel de première nécessité. L'équipe médicale, des couvertures et des sacs de couchage seront dès lors acheminés depuis la Belgique via un avion de transport C-130 (photo archives).

"L'équipe médicale sera composée essentiellement de médecins et infirmiers spécialisés qui seront appelés à épauler les opérateurs de santé grecs en vue de prodiguer les soins et traitements appropriés aux personnes les plus touchées par le Covid-19", précise le ministre des Affaires étrangères Philippe Goffin.

"Outre la prise d'échantillons et la réalisation de tests, l'équipe médicale belge partagera aussi son expertise en matière de postes de triage et proposera des formations sur les mesures d'hygiène." Des milliers de migrants sur l'île grecque de Lesbos se sont retrouvés mercredi sans abri après un énorme incendie qui a ravagé au petit matin Moria, le plus grand et sordide camp de réfugiés de Grèce, où ils s'entassaient.

Eventuelle demande d'accueillir des migrants

Le cabinet de la ministre de l’Asile et la Migration indique ce vendredi matin que la Belgique n'a jusqu'ici pas reçu de demande d'accueillir des migrants ou demandeurs d'asile du camp de Moria sur l'île grecque de Lesbos. Mais elle l'examinera quand elle arrivera. La chancelière allemande Angela Merkel a annoncé jeudi le lancement d'une initiative franco-allemande afin de permettre l'accueil dans l'UE de migrants mineurs qui se trouvaient à Moria.

La Belgique est l'un des rares pays de l'Union européenne qui accueillent déjà des mineurs d'âge non accompagnés (MENA) provenant des camps de réfugiés des îles grecques. Dix-huit d'entre eux sont ainsi arrivés le mois dernier sur le sol belge. Six autres pays (France, Luxembourg, Allemagne, Irlande, Portugal et Finlande) participent à ce mécanisme temporaire coordonné par la Commission européenne, pour un total de quelque 640 personnes "relocalisées" (enfants, adolescents et familles d'enfants malades).

Mais plutôt que de telles solutions ad hoc, comme il en existe aussi chaque fois qu'un bateau recueille des migrants, la Belgique plaide depuis longtemps pour un mécanisme structurel de solidarité, sur base de critères objectifs et qui place tous les États membres face à leurs responsabilités, afin de soulager les pays de première entrée confrontés à la plus forte pression. "La Belgique fait déjà plus que la plupart des États membres, plus que la France et l'Allemagne même, si l'on compare au nombre d'habitants ou au PIB par habitant", assure-t-on au cabinet de Maggie De Block.

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