Le gouvernement flamand n'a compensé que la moitié des forêts abattues

Entre 2014 et 2019, les autorités flamandes n’ont replanté que l’équivalent de la moitié des arbres de forêts qui avaient été coupés. C’est ce qui ressort des chiffres concernant le Fonds flamand de compensation forestière, demandés par la députée écologiste Mieke Schauvliege (Groen) à la ministre compétente. Tout bois abattu doit être compensé en Flandre, mais cela n’est pas suffisamment respecté. La ministre de l’Environnement Zuhal Demir (N-VA) reconnait le problème et annonce un durcissement des contrôles cette année encore.

En vertu du Décret forestier flamand, le déboisement ne peut se faire que s’il y a compensation. Depuis 2002, celle-ci peut prendre la forme soit d’une compensation en nature, soit d’un versement d’une "cotisation de conservation des bois" (compensation financière pour le Fonds de compensation forestière) ou d’une combinaison des deux options. En ce qui concerne ce point, aucune hiérarchie n’est d’application.

Les chiffres relatifs au Fonds flamand de compensation forestière indiquent que les autorités flamandes auraient dû replanter 900 hectares de forêt pendant la législature écoulée. Or seuls 490 hectares ont réellement été replantés. "On a coupé des arbres sans effectuer de compensation pendant cette période", indique la députée flamande Mieke Schauvliege (Groen).

Elle estime que le Fonds de compensation forestière ne fonctionne pas. Les montants de compensation auraient bien été versés, mais c’est la recherche de nouveaux terrains adéquats et la replantation des arbres qui prend beaucoup de retard. Il est urgent de revoir ce système, estime Schauvliege.

Elle appelle à ne couper des arbres que quand c’est vraiment nécessaire ou inévitable. "Nous devons œuvrer à un système qui permette d’accroître la superficie boisée, plutôt que de couper des arbres et de compenser". Et s’il faut réellement couper des forêts, alors il faut veiller à replanter immédiatement des arbres ailleurs. "Gérer tout ce système avec des compensations financières est très difficile à réaliser sur le terrain", estime Mieke Schauvliege (photo).

Stopper le retard

La ministre flamande de l’Environnement, Zuhal Demir (photo), admet le problème et veut revoir le système actuel de compensations. Elle pointe un doigt accusateur vers ses prédécesseurs. Pendant la période allant de 2001 à 2019, quelque 1.500 hectares de forêts abattues n’ont pas été compensés. "Il est inadmissible que mes prédécesseurs aient accepté cette situation", lançait Zuhal Demir.

La ministre souhaite aussi que l’abattage d’arbres ne soit effectué qu’en cas d’absolue nécessité et que l’exploitation forestière soit davantage réfléchie. Elle annonce un durcissement de la politique à ce sujet, cette année encore. Zuhal Demir promet également que le retard dans la compensation de forêts abattues n’augmentera plus pendant la législature en cours.

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