De Wever critique la coalition Vivaldi : "Open VLD a fait le mauvais choix"

Le président de la N-VA (photo) continue à se dire convaincu que les libéraux flamands ont fait le mauvais choix en acceptant de participer à une coalition excluant les nationalistes flamands. "Je pense que c’est un choix dramatiquement erroné. Open VLD en ressort trompé par les partenaires qu’il a choisi et il n’y a aucune confiance à la table des négociations. On le constate dans tous les domaines", réagissait Bart De Wever lundi soir face aux derniers développements de la tentative de formation d’un nouveau gouvernement fédéral.

Le président de la N-VA craint que les libéraux flamands ne soient les dupes des négociations de formation. Il réitère donc ses critiques face au choix d’Open VLD de travailler avec les socialistes, les Verts et le CD&V.

"Open VLD a nagé dans un piège. Voilà mon analyse. Et il lui sera très difficile d’en ressortir. On se dirige maintenant en trébuchant vers la formation d’un gouvernement fédéral. C’est peu prometteur quant au type de gouvernement que nous aurons. Ce ne sera en tous cas pas un gouvernement largement soutenu en Flandre", concluait De Wever au micro de la VRT.

"Nous les briserons dans l'opposition"

Dans une interview accordée lundi soir à la chaine commerciale flamande VIER, le président de la N-VA déclarait d’autre part s'attendre à ce que les partis de la Vivaldi poursuivent leur tentative de formation d'un gouvernement. "Selon moi, ils iront plus loin. Nos amis bleus devront se mettre à genoux". "Nous les briserons dans l'opposition", lançait Bart De Wever.

Lundi matin, il semblait que les discussions en cours entre les partis dits de la Vivaldi (PS, SP.A, MR, Open VLD, Ecolo, Groen et CD&V) allaient s'éteindre alors que les préformateurs Egbert Lachaert et Conner Rousseau étaient prêts à remettre leur démission au souverain. Le Roi les a cependant chargés de poursuivre le travail, tout en leur demandant un nouveau rapport au Palais mercredi au plus tard.

De son côté, le député N-VA Theo Francken invite "tout le monde à bien réfléchir, certainement aussi le CD&V". "Retournons à cet accord historique et mettons-le en place. Ce serait meilleur pour le pays que ce qui se profile".

Le nationaliste flamand répétait que la Belgique a besoin d'un accord entre le PS et la N-VA. "Un accord entre le PS, plus grand parti et force dominante en Wallonie, et la N-VA, plus grand parti et force dominante en Flandre, par ailleurs. Si cet accord n'advient pas maintenant, alors ce sera le cas en 2024 ou 2028. Cet accord doit survenir pour remettre ce pays sur les rails et lui donner une nouvelle direction".

"Cette crise était nécessaire, mais parviendra-t-on à en ressortir ?"

Quant à l’ancien ministre Johan Vande Lanotte (SP.A), invité ce mardi dans l’émission matinale "De ochtend" à la VRT, il n’estime pas non plus que la formation d’une coalition Vivaldi est terminée, malgré la crise des deux derniers jours. Mais il réclame un signal fort aux libéraux francophones.

Il y a près d’un an, Vande Lanotte (photo) avait lui-même été informateur aux côtés du libéral Didier Reynders, pour tenter de dégager une possible coalition fédérale. Il estime que les négociations ont entretemps bien avancé, mais reconnait un problème des représentants de tous les partis - et pas seulement du SP.A - avec le président du MR, Georges-Louis Bouchez. "J’entends rapporter que Bouchez arrive en retard aux réunions, qu’il ment sur les endroits où il s’est rendu, qu’il revient sur des accords. Ce n’est pas positif".

Johan Vande Lanotte estime qu’une confiance entre les présidents des sept partis est essentielle. "A part le PS, personne n’est indispensable dans cette coalition. On peut se passer du MR ou du SP.A”.

Vande Lanotte juge logique que la préformation ait explosé ces derniers jours, en raison de la pression et des frictions. "Il fallait cette crise. Mais la question est maintenant de savoir si on parviendra à en ressortir. Cela veut dire que les partis doivent pouvoir donner des garanties sur leur sincérité. Car entamer un gouvernement, en des temps si difficiles, avec de la méfiance, cela ressemble à une tentative de suicide".

Les plus consultés