Le quartier estudiantin gantois Overpoort se voit imposer une capacité maximale

Lundi soir, au terme de la première journée de l’année académique, le quartier estudiantin de l’Overpoortstraat (photo) à Gand (Flandre orientale) était bondé d'étudiants. Nombre d’entre eux n’ont pas respecté la distanciation sociale ou le port du masque buccal. La police a finalement dû fermer l’accès au quartier à 22h. Les images de cette situation favorisant la propagation du coronavirus ont choqué tant le bourgmestre gantois que le recteur de l’Université de Gand, mais aussi des étudiants. Ce mardi, au terme d’une concertation avec la police et les exploitants de l’horeca, le bourgmestre Mathias De Clercq (Open VLD) a imposé une capacité maximale de fréquentation de 1.750 personnes pour des raisons sanitaires. Il menace même d'interdire l'accès au quartier Overpoort si les règles ne sont pas respectées.

La rentrée académique a coïncidé avec la venue de près de 80.000 étudiants à Gand, qui se rassemblent souvent dans le quartier Overpoort, bien fourni en terrasses. Les étudiants doivent y respecter les gestes barrière, comme le mètre et demi de distance et le port du masque. Un passage doit également rester libre pour les services d'urgence. Ces règles n'ont cependant manifestement pas été respectées dans la nuit de lundi à mardi, comme en témoignent les images qui circulent depuis lundi soir, montrant un quartier saturé.

A la grande déception de nombre d’étudiants, mais aussi des autorités de la ville. "Nous allons déterminer une capacité maximale", a réagi le bourgmestre De Clercq (photo). Il ne pourra dès lors y avoir plus de personnes dans le quartier que ce que peuvent accueillir les terrasses et cafés. En cas de trop grande fréquentation, la rue sera fermée, n'autorisant plus quiconque à y pénétrer.

En cours de journée, cette capacité maximale a ensuite été fixée à 1.750 personnes.

"Ce sont des temps difficiles pour tout le monde. Chacun doit faire des efforts, y compris les étudiants", a appelé le bourgmestre gantois. Il a également demandé aux exploitants de cafés de prendre leurs responsabilités en imposant le respect des règles de sécurité sanitaire à leurs clients. "La ville fait tout ce qu'elle peut, en ajoutant des terrasses par exemple, mais cela doit être fait de manière sûre et responsable."

La police tiendra le quartier estudiantin à l'œil ces prochains jours. Les étudiants qui enfreignent les règles devront s'acquitter d'une amende. Mathias De Clercq menace même de faire fermer totalement le quartier Overpoort si les étudiants bafouent à nouveau les règles.

Le recteur supplie les étudiants de faire preuve de prudence

Rik Van de Walle (photo archives), recteur de l’Université de Gand, a immédiatement réagi aux images du quartier estudiantin bondé. Via Twitter il s’adressait à eux lundi soir : "Chers étudiants, je le reconnais : je ne sais pas vraiment comment vous parler au mieux. Dois-je exprimer de la déception ? de la peur ? colère ? inquiétude ? tristesse ? Je ne le sais. Laissez-moi donc simplement vous demander ce que j’ai à demander. Je veux même bien vous supplier, si cela peut être utile : comportez-vous de façon nettement plus sûre que ce que montrent ces images. Faites-le pour vous-même, les uns pour les autres, et pour tous ceux qui ont les meilleures intentions à votre égard. Nous ne voulons pas qu’il vous arrive quelque chose, ni à vos proches. S’il vous plait".

Said Mabrouk, qui représente les étudiants au sein du Conseil d’administration de l’Université, exprimait également son indignation. "Je trouve cela inadmissible. Pareille situation peut entrainer un nouveau confinement, ou mettre fin aux cours donnés sur le campus. Et vous risquez de contaminer d’autres étudiants quand vous allez au cours. C’est absolument intolérable. Vous êtes étudiants, prenez vos responsabilités".

James Arthur Photography

"Les villes universitaires sont des amplificateurs"

Le bourgmestre gantois De Clercq estime que la police doit porter son attention sur les fêtes dans les logements étudiants (les "kots"). Plusieurs d’entre elles ont été interdites depuis début septembre, au moment où les étudiants venaient installer leur futur logement.

A Louvain (Brabant flamand), où la plus ancienne université du pays a également rouvert ses portes ce lundi, plusieurs fêtes dans des kots ont été stoppées par la police. Le recteur de la KU Leuven, Luc Sels, a également appelé les étudiants à respecter les règles de distanciation sociale, alors que les quartiers estudiantins au centre de la ville affichaient complets. "Vivez, mais faites-le en toute sécurité", lançait le recteur à ses étudiants.

Le virologue Marc Van Ranst (KU Leuven) voyait ce lundi sa crainte se concrétiser : "Les étudiants ont fêté le début de l’année académique, mais pas d’une façon sûre en pleine épidémie de coronavirus. Il importe que les étudiants prennent leurs responsabilités car on sait que les villes universitaires peuvent amplifier la propagation du virus. Des exemples aux Pays-Bas l’ont confirmé".

Les plus consultés