La Vivaldi revit : le Roi nomme De Croo et Magnette co-formateurs

Deux jours après avoir vu leur mission prolongée par le roi Philippe alors que de vives tensions étaient apparues pendant le week-end entre le président du MR Georges-Louis Bouchez et les présidents des autres partis appelés à former la coalition baptisée Vivaldi, les préformateurs Conner Rousseau et Egbert Lachaert ont présenté leur rapport final au souverain. Ils ont pu annoncer que la confiance a été restaurée entre les 7 partis, Bouchez ayant accepté en fin d’après-midi une note de compromis rédigée par les préformateurs. Le souverain a nommé le président du PS Paul Magnette (photo, à dr.) et le vice-Premier ministre libéral Alexander De Croo (photo, à g.) "co-formateurs" du futur gouvernement fédéral. Ils ont accepté la mission et rendront rapport au Roi le 28 septembre.

Le roi Philippe recevait à 18h30 les préformateurs Egbert Lachaert (Open VLD) et Conner Rousseau (SP.A), qui avaient été prolongés lundi pour tenter de restaurer la confiance entre les 7 potentiels partenaires de la Vivaldi (coalition composée des PS, SP.A, Open VLD, MR, Ecolo, Groen et CD&V). Leur mission a pris fin ce mercredi. Seize mois après les élections fédérales de mai 2019, l'étape de formation d'un nouveau gouvernement est enfin entamée, après un accord dégagé in extremis dans l’après-midi.

Le duo de préformateurs s'était mis d'accord dans la matinée sur les contours d'un programme de gouvernement. Après avoir reçu depuis mardi les présidents des sept partis qui tentent de mettre sur pied une coalition, il restait à voir si le président des libéraux francophones (photo), pointé comme principal responsable des récentes tensions qui semblaient faire vaciller la coalition, y était favorable.

Egbert Lachaert et Conner Rousseau l'ont rencontré dans l'après-midi. Et le président du MR marquait son accord à la note de compromis, redonnant ainsi vie à la Vivaldi. Sans avoir eu le temps de passer par une "plénière" des 7 partis, le duo Lachaert-Rousseau se rendait au Palais pour rendre son rapport final au Roi. Ce dernier a exprimé une heure plus tard environ "son appréciation pour le travail accompli" par les deux hommes, tout en désignant Paul Magnette et Alexander De Croo co-formateurs. Le nouveau duo est attendu au Palais lundi prochain. L'objectif est que le nouveau Premier ministre - vraisemblablement l'une de ces deux personnalités - prononce une déclaration à la Chambre le jeudi 1er octobre.

"La confiance est rétablie. Un accord a été trouvé", se sont réjoui Egbert Lachaert et Conner Rousseau à leur sortie du Palais (photo). "Avec beaucoup de respect entre les partenaires, on a pu s'accorder sur la santé ou encore le pouvoir d'achat", a ajouté le président du SP.A. "Les derniers jours ont été très difficiles", a admis son homologue de l'Open VLD. "Nous avons travaillé dur pour restaurer la confiance entre des partis d'idéologies différentes. Nous n'avons pas beaucoup dormi."

Quelques éléments du programme

Plusieurs informations circulent d'ores et déjà sur l'accord conclu. La proposition qui a obtenu l'aval des libéraux garantirait l'absence de toute taxe nouvelle. Une source fiable précisait cependant qu'une réforme fiscale sera préparée pour 2024. Il est prévu de lutter contre la fraude fiscale, une taxation sur les "plus larges épaules" et une taxe sur les GAFA sont évoquées. Le budget consacré à des politiques nouvelles serait limité à 3 à 4 milliards d'euros et une réforme du marché du travail serait envisagée.

La loi de 1996 sur "la sauvegarde de la compétitivité" ne devrait pas être modifiée. Autre élément: le calendrier de sortie du nucléaire sera respecté. L'impact éventuel sur la facture des ménages et des entreprises, évalué actuellement par un groupe technique, sera "neutralisé". Le gouvernement s'impose par ailleurs un objectif de réduction des gaz à effet de serre de 55% d'ici 2030 et prendra des mesures en ce sens.

Quant au régime des voitures de société, régulièrement pointé du doigt dans des rapports internationaux, il sera progressivement supprimé dans le cadre de la réforme fiscale préparée d'ici 2024. En matière sociale, l'accord prévoit une pension à 1.500 euros, l'absence de dégressivité des allocations de chômage et des prépensions, et l'augmentation des allocations les plus basses.

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