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“Le CNS doit ajuster les mesures, pour éviter une vague de contaminations comparable à la première"

Trois médecins généraliste, urgentiste et spécialiste des soins intensifs demandent que les mesures de prévention détaillées mercredi à l’issue du Conseil national de sécurité (photo) soient d’urgence revues, pour éviter "une mauvaise copie de la première vague de contaminations" du printemps dernier. Roel Van Giel de l’Association des généralistes Domus Medica, Jan Stroobants président des médecins urgentistes, et Geert Meyfroidt président de l’Association de médecine intensive ont rédigé une lettre ouverte au lendemain du Conseil national de sécurité. Selon eux, il est bon que le CNS veuille rationnaliser les mesures de prévention et réduire les directives locales, mais il est catastrophique qu’il ait donné l’impression que toutes les mesures peuvent être assouplies.

Invité dans l’émission "De ochtend" (VRT), Jan Stroobants expliquait ce vendredi matin : "Nous étions sidérés et incrédules après la conférence de presse de la Première ministre Wilmès, qui faisait suite au Conseil national de sécurité de mercredi. Nous attendions en effet tous une réponse aux problèmes qui se posent actuellement. Nous espérions une réponse sûre et appropriée, qui soit donnée de façon compréhensible pour toute la population. Mais la communication était complètement ratée".

"L’accent a été mis sur la réduction des mesures, ou du moins sur une perception de réduction. Alors qu’on aurait dû se concentrer sur la manière de protéger au mieux les plus âgés et les plus fragiles dans notre société pour éviter une recrudescence des contaminations et des admissions dans les hôpitaux", estime Jan Stroobants.

"Le Conseil national de sécurité doit refaire son travail. Il a raté l’occasion de passer à un nouveau système pour l’avenir. Un système clair et simple, pour les mois à venir". Les trois spécialistes apprécient que le CNS ait voulu rationnaliser les mesures (par exemple plus de masques à l’air libre) et couper dans une multitude de mesures de prévention locales. "Mais en même temps il a donné l’impression que l’on peut actuellement assouplir les mesures (davantage de contacts, de fêtes, une quarantaine écourtée), alors que les chiffres continuent d’augmenter. C’est catastrophique".

"Sans ajustement, un confinement pourrait être nécessaire dans certaines régions"

Roel Van Giel, Jan Stroobants et Geert Meyfroidt (photo) indiquent dans leur lettre ouverte que le CNS ne doit pas attendre deux semaines avant de réajuster les mesures décrétées. "L’état actuel de l’épidémie ne nous laisse qu’une seule possibilité : intervenir de façon drastique dans les domaines où la situation est en train de dégénérer, réduire les contacts et renforcer les mesures de prévention. Sinon, nous nous dirigeons vers une mauvaise copie - encore évitable - de la première vague de contaminations. Ce serait de la négligence".

"Prendre de nouvelles mesures au moment où la situation dégénère dans les hôpitaux est trop tard", soulignait Jan Stroobants au micro de la VRT. Cela pourrait mener à l’obligation d’un nouveau confinement général dans certaines régions. "Il est donc urgent que le baromètre annoncé arrive, pour que la population sache que faire à quel moment. Il ne faut pas punir un pays tout entier parce que la situation se dégrade localement. Il faut prendre des mesures régionales, en fonction de la situation sur place", concluait Jan Stroobants.

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