Deux études révèlent pourquoi certains jeunes en bonne santé ont une forme grave du Covid-19

Si les personnes âgées ou souffrant d'autres pathologies risquent davantage d'être sévèrement touchées par le Covid-19, des formes graves de la maladie se développent également chez un petit pourcentage de jeunes gens en bonne santé. Deux études internationales publiées jeudi dans la revue prestigieuse Science révèlent que des facteurs génétiques ou immunologiques peuvent être à l'origine de ces formes graves chez les jeunes. « Une étape importante pour le traitement immunologique des patients », indique la professeure Filomeen Haerynck (UZ Gent) qui a collaboré aux deux études.

Certains jeunes en bonne santé sont plus fortement touchés par la maladie du Covid-19 que les autres patients du même groupe d'âge. Deux nouvelles publications montrent pour la première fois que près de 15% de ce groupe de patients ne disposent pas assez d'interféron de type I, un groupe de 17 protéines cruciales pour protéger le corps contre les virus.

La première étude révèle que de nombreux jeunes sujets gravement malades portent des variantes rares de 13 gènes connus pour protéger l'organisme contre le virus de la grippe saisonnière par exemple. Ces gènes règlent la production des interférons de type I. Plus de 3% d'entre eux manquaient même d'un gène fonctionnel.

D'autres études ont montré que les cellules immunitaires de ces patients ne produisaient donc pas d'interférons de type I détectables au cours de l'infection aiguë par le Sars-CoV-2.

Une "erreur" de défense

La seconde étude dévoile que plus de 10% des jeunes en bonne santé qui développent une forme grave du Covid-19 ont des anticorps qui, "par erreur", n'attaquent pas le virus mais le système immunitaire lui-même. Ces auto-anticorps peuvent limiter l'action de l'interféron de type I.

"Ces études représentent une étape importante dans le décryptage du traitement immunologique que nous pouvons offrir aux patients atteints du Covid-19", commente l'immunologiste de l'UZ Gent, Filomeen Haerynck, qui a collaboré aux deux études et a coordonné la collecte de données pour 17 autres centres belges participants.

Elles permettent également d'envisager le développement de traitements ou l'utilisation de produits déjà sur le marché, explique Haerynck. Il existe notamment un traitement à base d'interféron de type I, utilisé notamment pour soigner l'hépatite virale chronique.

Les plus consultés