La ministre Crevits défend la volonté de faire de la coalition Vivaldi “un bon projet”

"Je comprends très bien les inquiétudes à propos de la participation du CD&V" à la coalition à 7 partis (dont quatre de gauche) pour former un nouveau gouvernement fédéral et le rôle qu’il y jouera, indiquait la ministre démocrate-chrétienne flamande ce vendredi dans l’émission "De ochtend" (VRT)." J’ai aussi des inquiétudes. Il s’agit d’en faire un bon projet, et s’il n’est pas bon il ne recevra jamais l’aval du congrès", reconnaissait Hilde Crevits (photo).

Faute de majorité en Flandre dans un tel gouvernement, tout dépendra donc du contenu et de la manière dont le CD&V sera respecté dans une coalition où le parti n'est pas mathématiquement nécessaire, expliquait la ministre flamande au micro de l'émission De Ochtend. "Lorsque vous sautez (à bord), vous devez sauter avec conviction et avec la volonté d'en faire un bon projet", estime Hilde Crevits.

Plusieurs voix critiques se sont élevées au sein du parti démocrate-chrétien flamand sur une participation à cette coalition rassemblant également le PS et le SP.A, le MR et l'Open VLD ainsi qu'Ecolo et Groen. Le ministre de l'Intérieur, Pieter De Crem, avait ainsi plaidé pour une cure d'opposition "à moins que la Vivaldi ne rédige un texte de centre-droit dans les domaines de la migration, de l'économie ou de la sécurité".

Jeudi soir, le président des aînés du CD&V et figure du parti, Eric Van Rompuy, s'était une nouvelle fois inquiété du rôle de sa formation dans un gouvernement Vivaldi. "Nous risquons d'être entraînés dans un train dont personne ne sait où il va", écrivait-il sur sa page Facebook.

Quant au bourgmestre de la commune de Ledegem et député flamand Bart Dochy, il a confié au magazine 'Krant van West-Vlaanderen' qu'il "n'aime pas toute l'histoire de la Vivaldi", une opinion partagée selon lui par "une grande majorité" des bourgmestres CD&V.

La ministre de l’Economie, de l’Emploi et de l’Innovation Hilde Crevits leur a répondu ce vendredi matin "très bien comprendre les préoccupations" entourant la participation gouvernementale qui est maintenant sur la table. "C'est un gouvernement sans majorité flamande, donc tout dépendra de la manière dont le contenu est maintenant négocié, de la manière dont nous, en tant que parti, sommes respectés dans une coalition au sein de laquelle nous ne sommes mathématiquement pas vraiment nécessaires", a-t-elle dit.

La ministre a souligné que le programme du gouvernement Vivaldi devrait être approuvé par un congrès des membres, tout comme la participation à l'équipe fédérale. "Si ce n'est pas un bon projet, il ne passera jamais la rampe d'un congrès".

"Oui, on m’a parlé du poste de Première ministre"

Qui sera le Premier ministre du nouveau gouvernement fédéral ? C’est une des grandes questions de cette formation, menée par les co-formateurs Paul Magnette (PS) et Alexander De Croo (Open VLD). Hilde Crevits indiquait que le président du CD&V, Joachim Coens, "a eu une conversation à ce sujet avec moi et avec le ministre de la Justice Koen Geens, qui serait d’ailleurs excellent à ce poste".

Crevits serait-elle prête à devenir Première ministre fédérale ? "J’ai un engagement de cinq ans dans le gouvernement flamand. Je préférerais pouvoir le mener à bien. Mais je suis aussi membre de mon parti et je n’ai donc pas interdit au président Joachim Coens de citer mon nom pour le poste".

Crevits ne nie pas que le CD&V verrait difficilement un libéral prendre la tête du gouvernement fédéral. "Quand on considère les familles politiques, la socialiste est la plus grande et c’est donc à son tour. Je peux le comprendre. Mais si l’on regarde du côté des partis flamands, c’est le CD&V qui est le plus grand parti dans ce gouvernement. Je ne sais pas si ce sera une exigence de Joachim Coens. Nous avons tellement travaillé pour conserver une majorité flamande… Un autre projet est maintenant sur la table, il est temps de se concentrer sur le contenu. Le casting sera le privilège de notre président de parti", concluait Hilde Crevits.

Les plus consultés