Le Vlaams Belang organise une manifestation au Heysel contre la coalition Vivaldi

Le parti d’extrême-droite flamand organisait ce dimanche sur le plateau du Heysel à Bruxelles une action de protestation contre la mise sur pied (en cours de négociation) d'une majorité fédérale Vivaldi, comprenant les familles socialiste, libérale, écologiste et le CD&V. Des colonnes de centaines de voitures sont parties depuis les cinq provinces flamandes pour se rassembler vers midi sur le parking C du Heysel, qui peut accueillir 6.000 voitures. Selon le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, plus de 5.000 voitures ont fait le déplacement, ce qui équivaudrait à 10.000 participants. "C'est un succès incroyable", s’exclamait-il au micro de la VRT.

Les participants au "Tour de protestation à Bruxelles - Pas mon gouvernement!" étaient venus dimanche matin de divers endroits en Flandre (20 points de départ) pour rejoindre le parking C à Grimbergen, près de Bruxelles, pour une manifestation statique. "Nous voulons envoyer le signal assourdissant à l'élite politique que la Flandre ne tolère pas une politique de gauche et anti-flamande", pouvait-on lire sur les réseaux sociaux.

Sur les autoroutes vers Bruxelles, de longues files de véhicules ornés de drapeaux jaunes au lion flamand noir se rendaient au Heysel. Les organisateurs de l'événement avaient appelé les protestataires à se rendre à Bruxelles en voiture en raison de la crise sanitaire du coronavirus. Arrivés sur place, de nombreux participants sont sortis de leur véhicule. La grande majorité d'entre eux portaient un masque buccal, mais la distanciation sociale était loin d'être respectée.

Selon la police, il y aurait eu jusqu'à 4.500 véhicules, avec en moyenne trois à quatre passagers, mais le président du Vlaams Belang estimait vers 12h30 que 5.000 voitures, soit quelque 10.0000 personnes, se sont mobilisées. Un succès qu’il avouait ne pas avoir escompté, son parti n’ayant plus organisé de manifestation de ce type ces 20 dernières années.

Le Vlaams Belang qualifie la coalition Vivaldi d'anti-démocratique et anti-flamande. "Le 26 mai 2019, le Flamand a donné un signal clair, la gestion doit être plus flamande et plus à droite. Or, à présent, c'est le contraire qui se passe et c'est inacceptable. Davantage de Belgique, une politique de gauche, des frontières ouvertes, et cerise sur le gâteau Almaci ou Calvo de Groen qui deviendra ministre", déclarait Tom Van Grieken. "J'espère que le Vlaams Belang et la N-VA uniront leurs forces dans l'opposition. J'appelle Bart De Wever à enterrer la hache de guerre."

Van Grieken: "Un mouvement qu’on ne peut plus arrêter"

Le président du Vlaams Belang avait tendu la main à la N-VA, et en particulier à l’ancien secrétaire d’Etat à la Migration Theo Francken, pour que le parti nationaliste flamand participe également au "Tour de protestation". Mais sans succès.

"Il n’y a pas que les partisans du Vlaams Belang qui manifestent ici", déclarait Van Grieken (photo archives) au Heysel, "mais aussi de nombreux mandataires locaux de la N-VA et beaucoup d’électeurs d’Open VLD et du CD&V qui sont mécontents". Dans l’optique des prochaines élections fédérales et régionales, Van Grieken déclarait encore : "Ceci dépasse une manifestation du Vlaams Belang. C’est un mouvement qu’on ne peut plus arrêter. Le règlement de comptes se produira en 2024”.

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