Zeebrugge-Hull

La fin d’une époque : les ferries P&O ne relieront plus Zeebrugge à Hull

La toute dernière liaison par ferry entre la Belgique et le Royaume-Uni a vécu. L’armateur P&O Ferries a annoncé jeudi qu’il supprimera définitivement sa ligne passagers entre Zeebrugge et Hull, au Royaume-Uni, à la fin de cette année. Le Brexit et la crise du coronavirus seraient à la base de la décision. Depuis 1974, un bateau effectuait chaque nuit la traversée entre le port de Zeebrugge et celui de Hull, situé juste sous l’Ecosse. Et entre Hull et Zeebrugge. La ville de Bruges regrette cette décision de P&O.

Depuis 46 ans, on pouvait embarquer le soir à Zeebrugge à bord d’un ferry P&O, y passer la nuit et se réveiller le matin dans le port de Hull. Ou inversement. Mais pendant le confinement, les deux navires de l’armateur sont restés à quai pendant des mois. Depuis le mois d’août l’un des deux a repris le service, mais ne transporte pratiquement plus de passagers. A l’arrivée en Grande-Bretagne il faut en effet se mettre en quarantaine pendant deux semaines.

La compagnie P&O confirme donc la suppression définitive de la ligne à la fin de cette année. Selon le président du port de Zeebrugge, Dirk De Fauw, la décision n'a toutefois pas encore été officiellement confirmée aux autorités portuaires de Zeebrugge. Une réunion entre les différentes parties est prévue lundi.

Des discussions avaient déjà eu lieu sur l'avenir de la ligne passagers. "Nous avions souligné l'importance de cette ligne passagers pour la Belgique et l'Angleterre", active depuis 1972, ajoute Dirk De Fauw. On ne sait pas encore combien d'emplois sont concernés par cette fermeture.

"La suppression de la liaison a d’importantes conséquences pour Bruges", confirme l’échevin Philip Pierins (SP.A). "Je suis avant tout préoccupé pour les employés de P&O, parce qu’ils sont nombreux".

Pierins estime que le tourisme à Bruges ne souffrira finalement pas de la suppression de la liaison Zeebrugge-Hull. "Bruges et l’Angleterre ont toujours eu un lien spécial, depuis le Moyen-Age. Je ne pense donc pas que les Anglais vont subitement décider de ne plus venir à Bruges parce que P&O ne fait plus route entre Hull et Zeebrugge. Je suis convaincu qu’ils trouveront un autre moyen de venir chez nous. Mais cela nécessite évidemment une approche adaptée de notre service au tourisme".

"Pour la ville de York, c’est aussi très dommage", estime une ancienne employée de P&O, Roos Van Hoorickx. "Nous avons transporté quelque 400.000 passagers par an. Pas seulement vers Brugge, mais cette ville a aussi vu beaucoup de touristes d’un jour".

Pour se rendre actuellement en ferry en Angleterre, il faut le prendre aux ports français de Calais ou Dunquerke.

Les plus consultés