L’hôpital universitaire de Gand lance la dernière phase de développement d’un vaccin contre le Covid

Le Centre de vaccinologie (CEVAC) affilié à l’hôpital universitaire de Gand (UZ Gent) lance les préparatifs pour la troisième et dernière phase de développement d’un vaccin contre le coronavirus. Il recherche de nouveaux collaborateurs et quelque 2.000 candidats prêts à tester trois candidats vaccins qui n’ont jusqu’à présent pas généré d’effets secondaires graves. Les participants ne sauront pas quel candidat vaccin ils reçoivent, ni à quelle dose. Cette méthode est cruciale pour identifier le meilleur vaccin. C’est la première fois en Belgique que cette dernière phase de test est atteinte.

Les chercheurs du Centre de vaccinologie de l’UZ Gand travaillent depuis de longs mois à la préparation d’un vaccin contre le nouveau coronavirus. Ce mardi, le CEVAC annonce qu’il lance la troisième et dernière étape de développement du vaccin, à la recherche de la composition pharmaceutique qui sera la plus appropriée. Elle devra protéger la population contre le coronavirus, ou du moins limiter les symptômes et complications de la maladie très contagieuse.

Les préparatifs comprennent l’aménagement d’une nouvelle unité près de l’institut et la recherche de 2.000 volontaires pour participer aux essais. Pas tout le monde peut prendre part au test, mais dans cette dernière phase les scientifiques ont déjà éliminé les plus gros risques et les effets secondaires. Ce qui signifie que les participants recherchés seront surtout sélectionnés pour leur diversité et leur accessibilité pour les équipes gantoises. Les candidats doivent donc vivre dans un rayon de 25 km autour de l'UZ Gent.

"Nous devons pouvoir vérifier le taux d'infection des participants et la mesure dans laquelle le vaccin offre une protection", expliquait la professeure Isabel Leroux-Roels à VRT NWS. "Les participants doivent donc être exposés au virus assez souvent."

Nicolas Maeterlinck

Une année de test

Des personnes de toutes les tranches d'âge de plus de 18 ans peuvent participer, en particulier les plus de 55 ans. Ils peuvent même souffrir de maladies chroniques, bien traitées. Les participants ne peuvent par contre pas avoir déjà souffert de la maladie. Les femmes enceintes ne sont pas non plus éligibles.

Les participants seront suivis pendant un an. Si l'un d'entre eux présente un symptôme indiquant une possible infection au coronavirus, il devra se rendre au centre pour se faire tester ou sera examiné chez lui. L'UZ Gent ne précise pas de quels vaccins il s'agit précisément. Il travaille néanmoins notamment avec la société allemande Curevac, à qui l'Union européenne a déjà signifié son intérêt pour acheter 225 millions de doses si le vaccin se révèle efficace.

Un vaccin de la société américaine Johnson&Johnson y a déjà également traversé les premières étapes de test avec succès. Il s'agit d'une étude "en double aveugle", c'est-à-dire que ni le prescripteur, ni le candidat ne saura quelle moitié des participants reçoit le vaccin et quelle moitié le placebo.

"Si tout se passe comme souhaité, nous espérons pouvoir commencer à administrer le nouveau vaccin à l’été 2021", indiquait Isabel Leroux-Roels. "Mais nos candidats vaccins ne sont pas les premiers dans la course au remède. Une série d’entreprises pharmaceutiques sont déjà plus avancées. Nous nous attendons à ce qu’elles puissent avoir un vaccin disponible dès le mois de mars ou avril, dans le meilleur des cas".

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