L’enseignement à domicile pour un tiers d’élèves supplémentaire : un "effet corona"

Quelque 1.488 enfants reçoivent cette année scolaire un enseignement individuel à domicile, dispensé la plupart du temps par un parent. Cela représente une augmentation de 33% de cas par rapport aux 1.122 enfants concernés l’année scolaire écoulée. Les chiffres proviennent du ministre flamand de l’Enseignement, Ben Weyts (N-VA), qui parle d’un "effet corona". Il espère que la situation se normalisera rapidement. "Les parents ont le droit de donner cours à leurs enfants à la maison, mais il est tout de même mieux que les enfants reçoivent leur enseignement en classe", estime le ministre.

En Flandre, l’obligation scolaire commence à l’âge de 5 ans et va jusqu’à 18 ans. Mais les enfants ne sont pas obligés d’aller à l’école pour recevoir cet enseignement. Il peut aussi être dispensé à domicile. Plus de 99% des enfants vont à l’école, bien que cette année le nombre d’élèves qui suivent un enseignement à domicile a augmenté d’un tiers. Il s’agit de 1.488 enfants au total, soit 366 de plus que l’année scolaire passée.

Ces enfants ne représentent néanmoins que 0,13% de 1.175.538 enfants en âge d’obligation scolaire. Les cours à domicile ont pourtant effectivement le vent en poupe : l’augmentation des cas de 33% cette année fait suite à une augmentation de 11% l’an dernier par rapport à l’année scolaire 2018-2019. Le pourcentage élevé de nouveaux cas s’explique partiellement par le fait que l’obligation scolaire est passée de 6 à 5 ans au 1er septembre dernier. Le nombre d’enfants qui peuvent recevoir un enseignement à domicile a ainsi tout simplement augmenté.

Mais cela ne suffit pas à expliquer la multiplication des cas d’enseignement individuel à domicile, estime le ministre Ben Weyts. Il n’y a en effet que 130 enfants âgés de 5 ans qui restent à domicile, contre 72.741 autres qui vont à l’école maternelle. D’autre part, la proportion d’enfants de 5 ans parmi ceux en âge scolaire est la même que celle d’élèves de 5 ans parmi les enfants formés à la maison.

On peut donc réellement parler d’une influence de l’épidémie. "Pendant les mois de confinement, beaucoup de parents se sont occupés plus intensément de l’accompagnement scolaire de leurs enfants. Parfois ils ont pu constater que les prestations d’apprentissage de leur enfant s’amélioraient. Ils ont alors parfois décidé d’organiser un enseignement à domicile".

Mais le ministre met en garde : "Certains parents sous-estiment tout ce que les enseignants doivent faire. Sur le plan pédagogique mais aussi sur la plan social, l’enseignement à l’école surpasse celui à domicile". Et de conclure : “J’espère que les chiffres vont rapidement se normaliser. Aller à l’école est vraiment meilleur pour les enfants à long terme, mais aussi pour leurs parents".

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Près de 113 millions d’euros débloqués pour les dépenses supplémentaires

En début de semaine, le ministre Weyts (photo) indiquait par ailleurs que le gouvernement flamand débloquera cette année un montant total de 113 millions d’euros pour rembourser aux écoles les dépenses supplémentaires dues à l’épidémie de coronavirus. Il s’agit notamment de l’achat de matériel de protection. D’autre part, les écoles n’ont pu organiser les traditionnels fêtes, journées portes ouvertes, soupers de moules ou spaghettis, qui leur permettent de rassembler quelques fonds.

Les différentes coupoles d’enseignement en Flandre ont déjà laissé entendre que la compensation des autorités flamandes ne peut couvrir le déficit dans les budgets des établissements. "Mais 113 millions d’euros est tout de même un assez gros budget", rétorque Ben Weyts. "On ne peut donc pas nier que nous avons fait un effort important".

Le ministre de l’Enseignement rappelait aussi que son gouvernement prévoit une provision corona de 300 millions d’euros pour l’an prochain, et que les écoles pourront y puiser des moyens, si nécessaire. Ben Weyts a également indiqué qu’une "réserve stratégique" de masques buccaux pour l’enseignement est prévue.

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