Copyright of Arman Zhenikeyev

Les psychologues sont inquiets : "Il est temps d’écouter les jeunes", affectés par la crise sanitaire

Les mesures prises actuellement par les diverses autorités du pays pour tenter d’empêcher une explosion du nombre de contaminations au coronavirus sont plus difficiles à supporter pour les jeunes que pendant le confinement au printemps dernier. Ils souffrent avant tout du manque de contacts sociaux et d’une situation qui se prolonge, sans réelle perspective. Et ils ne se sentent pas vraiment concernés. C’est ce qu’a constaté Sarah Bal, psychologue clinicienne et thérapeute comportementale pour enfants et adolescents à l’hôpital universitaire de Gand. Elle était l’invitée, ce jeudi matin, de l’émission "De ochtend" sur Radio 1 (VRT).

Le service d’aide en ligne et téléphonique pour les enfants et les jeunes flamands, Awel, indiquait mercredi avoir reçu pendant le mois de septembre 25% d’appels supplémentaires par rapport au mois de mars. Les jeunes qui se manifestent ressentent avant tout de la peur et sont tendus face à une situation incertaine à l’école et dans leur vie sociale. Habituellement, Awel assiste avant tout des adolescents de 13 à 16 ans, mais actuellement ce sont des jeunes âgés de 13 à 20 ans qui s’adressent à ce service. Et ce ne sont plus surtout des jeunes fragilisés qui se manifestent, mais tous types de jeunes.

Psychologue clinicienne et thérapeute comportementale pour les enfants et les jeunes à l’hôpital universitaire de Gand, Sarah Bal confirme les constatations d’Awel. "Les jeunes éprouvent beaucoup de craintes et d’incertitude à propos de l’avenir, à l’école comme sur le plan social", indiquait-elle à la VRT. "Ils se demandent comment ils vont encore se faire des amis s’ils ne peuvent voir qu’un nombre restreint de personnes. Ils ont peur de perdre leurs amis. C’est avant tout l’absence de perspectives qui leur fait peur".

Sarah Bal estime qu’il est très important de communiquer d’une autre façon avec les enfants et les adolescents. "Les jeunes réclament que quelque chose soit organisé via Instagram ou YouTube, et demandent à être impliqués dans la prise des décisions qui les affectent aussi. Je pense qu’ils ont raison".

"Je trouve que beaucoup de jeunes se comportent de façon vraiment responsable. Ils entendent pourtant souvent dire dans les médias que ce sont les jeunes qui ne respectent pas les règles. Mais ce n’est pas mon expérience. Je vois beaucoup de jeunes qui font très attention à ce qu’ils font".

"Je pense que nous devons leur demander qu’elles sont leurs idées pour venir à bout de la crise sanitaire. Voir ce qui est important pour eux. Ce qu’ils proposent, par exemple pour lutter contre la solitude. Il est temps que nous commencions à écouter nos jeunes", concluait Sarah Bal.

Les plus consultés