Pour décharger les laboratoires, les asymptomatiques ne seront plus testés mais feront 10 jours de quarantaine

Pour alléger la pression sur les centres de tests et les laboratoires du pays, les ministres de la Santé en Belgique et le commissaire Covid du gouvernement fédéral, Pedro Facon, ont décidé lundi de revoir la stratégie de dépistage au moins jusqu'au 15 novembre. Les personnes asymptomatiques (qui ne présentent pas de symptômes de la maladie) ne seront plus testées, même si elles rentrent d’une zone étiquetée rouge ou si elles ont eu un contact avec une personne contaminée. Elles devront par contre respecter une quarantaine de 10 jours, au lieu de sept. "Nous devons veiller à ce que les résultats des tests arrivent suffisamment rapidement pour pouvoir encore en faire quelque chose. Si un patient doit attendre le résultat trop longtemps, le test n’a plus de valeur", explique Facon.

"On teste beaucoup, mais comme il y a énormément de malades, il y a un moment où les labos ne suivent plus, les êtres humains qui sont derrière" non plus, commentait la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale. "Et donc, il faut qu'on prenne le temps, pendant 15 jours à trois semaines, de faire descendre la pression, de s'assurer que le service suive, que les résultats arrivent à temps. On a décidé de réorganiser le testing en mettant des priorités."

Seules les personnes avec symptômes, les membres du personnel soignant, les plus de 65 ans et les collectivités dans lesquelles il y aurait eu au moins deux contaminations avérées pourront désormais être testées. Pour les personnes ayant eu un contact à haut risque mais ne présentant pas de symptôme, ce sera la quarantaine de 10 jours.

Les centres de dépistage recevront des renforts en personnel: les logopèdes et sages-femmes pourront également effectuer des tests. Des pistes impliquant des étudiants en médecine et des puéricultrices sont en outre examinées. Une plateforme sera mise en ligne en fin de semaine pour prendre rendez-vous pour les tests.

Les décisions seront mises en œuvre cette semaine et valables jusqu'au 15 novembre, date à laquelle elles seront réévaluées. Les tests salivaires ne seront pas utilisés à l'échelle nationale pour le moment, mais des propositions sont examinées pour une utilisation à un échelon plus local.

La capacité de tests a énormément augmenté

Pedro Facon (photo) rappelle que la capacité de testing des laboratoires du pays a énormément augmenté ces derniers mois, passant ainsi de 4.000 tests quotidiens en mars à 70.000 tests par jour la semaine dernière. Ce qui explique que les labos ne parviennent plus à suivre dans l’analyse des échantillons.

"Actuellement, les labos ne parviennent à analyser que 60.000 à 65.000 tests par jour. Si davantage de tests sont réalisés, les patients doivent attendre plus longtemps les résultats. Cela n’a pas de sens. Le test risque alors de ne plus avoir de valeur".

"Il n’est pas possible d’augmenter en un jour la capacité d’un laboratoire", précisait encore Pedro Facon à la VRT. "Il faut faire des achats, des adaptations, avoir suffisamment de personnel compétent, faire sans cesse livrer des réactifs. Il faut tenir compte de la réalité".

Jusqu’à mi-novembre, les priorités seront donc modifiées. D’après Pedro Facon, la capacité de test sera encore augmentée ces prochains mois, pour atteindre 100.000 tests par jour d’ici la fin de l’année. Aux tests PCR viendront s’ajouter des tests rapides, qui doivent encore être achetés. "Mais le personnel doit aussi être formé, les résultats doivent être introduits dans des bases de données pour le pouvoir effectuer suivi des contacts. Toute la logistique doit être mise en place".

Quant au baromètre, qui doit permettre de savoir s’il faut renforcer les mesures de prévention ou si l’on peut en assouplir, "il sera communiqué dès que tous les éléments seront en place", indique Pedro Facon. "Le baromètre jouera un rôle important dans la motivation de la population, pour redescendre à un niveau inférieur d’alerte".

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