Jan Jambon : "D'abord voir l'effet des mesures avant un éventuel ajustement en Flandre"

Le ministre-président flamand, Jan Jambon (N-VA), n'a pas exclu dimanche sur les antenens de la VRT, d'adopter des mesures plus strictes pour lutter contre la propagation du coronavirus en Flandre - à l'image de ce qu'ont décidé la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles et Bruxelles -, mais il a souhaité attendre dans un premier temps de voir les résultats des mesures prises jeudi au niveau fédéral.

 

"Il faut attendre 10 à 14 jours pour voir l'effet des mesures" prises lors du dernier Comité de concertation et annoncées vendredi matin", a déclaré Jan Jambon (N-VA) lors de l'émission "De zevende Dag" de la chaîne publique flamande VRT.

"Voyons d'abord si l'effet (de ces mesure) se transforme également en une inflexion de la courbe" des contaminations", a-t-il ajouté alors que Groen (dans l'opposition en Flandre) réclame un durcissement.

Jan Jambon a reconnu que les chiffres "vont dans la mauvaise direction" et que le système de santé est sous pression. "Mais vous n'allez pas résoudre ce problème en prenant des mesures supplémentaires aujourd'hui", a-t-il souligné.
Le ministre-président flamand a dit souhaiter "garder la tête froide". "Vous ne devez pas avoir peur de prendre des mesures, mais vous ne devez pas prendre de mesures excessives", a-t-il expliqué.

Selon lui, un nouveau confinement, comme en mars dernier, lors de la première vague de la pandémie, n'est pas nécessaire pour le moment.
"Mais il ne fait jamais dire jamais", a ajouté Jan ambon. Si les mesures prises n'ont pas pour effet d'inverser sur la courbe "alors faudra procéder à des ajustements", a-t-il admis.

BELGA

De son côté, Benjamin Dalle (CD&V), le ministre flamand de la Jeunesse et en charge de Bruxelles trouve regrettable que les mesures plus strictes n'aient été decidées que samedi en Région de Bruxelles-capitale. "Ils ont adopté une attitude attentiste pour agir ensuite de manière convaincante. C'est clair aujourd'hui. Si vous comparez avec ce qui s'est passé à Anvers cet été (lorsque la gouverneure Cathy Berx a imposé un couvre-feu entre autres, ndlr)", ajoute Benjamin Dalle. "Même en tant que Bruxellois, je trouve qu’il a manqué d'un peu de leadership".

Interrogé, ce dimanche matin, dans l’émission "De ochtend",  sur Radio 1 (VRT), le ministre DaIle qualifie les nouvelles mesures prises à Bruxelles de "douloureuses" - pour le secteur culturel et sportif et le travail des jeunes, par exemple - mais nécessaires. "Maintenant, il est important de respecter ces règles", ajoute-t-il. 

Pour la Flandre, le ministre ne pense qu'il ne doit pas y avoir de resserrement supplémentaire. "Ce n'est pas à l'ordre du jour pour le moment. Cependant, de nombreux experts - virologues et médecins urgentistes - se posent la question.

"La situation est très grave dans tout le pays, mais les chiffres sont encore plus dramatiques à Bruxelles. Si vous regardez le taux d'occupation des hôpitaux de Bruxelles... qui est deux fois plus élevé qu'en Flandre. Nous surveillons la situation chaque jour. Vendredi, le Comité de concertation a pris de nouvelles mesures. (...) Nous venons d'introduire un couvre-feu (au niveau national) et de renforcer les règles pour la culture. Mais pour l'avenir, bien sûr, je n'ai pas de boule de cristal".
 

Groen plaide pour un durcissement comme à Bruxelles et en Wallonie

Le parti Groen, dans l’opposition en Flandre, ne partage pas l'avis de Benjamin Dalle et souhaite que la Flandre, après la Wallonie et Bruxelles, renforce également les mesures sanitaires. "Si nous voulons être en avance sur le virus, le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) doit oser aller plus loin. Suivez donc les mesures prises par Bruxelles et la Wallonie. Cette fois-ci, la Flandre ne doit pas rester à la traîne", déclarent les écologistes flamands.

"Le rythme auquel la pandémie s'étend est effrayant", déclare Björn Rzoska (photo), chef de groupe du Parti Groen et également président de la commission coronavirus au Parlement flamand. "L’épidémie pourrait être freinée par des mesures sévères. Les enjeux sont les suivants : veiller à ce que la Flandre ne devienne pas un grand foyer et que nos hôpitaux gardent le contrôle de la situation.

Les Verts flamands souhaitent aussi que le secteur de l'événementiel puisse compter sur un soutien. "Nous voulons que le ministre de la culture Jan Jambon revoie ses critères pour les mesures de soutien. (...) Afin de mieux préparer le secteur aux prochains mois imprévisibles, une politique de crise doit être élaborée".

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