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Hommage aux 62 morts de la rue à Bruxelles : "Il y a aussi des jeunes d'une vingtaine d'années"

Le collectif "Morts de la rue" rend hommage, ce jeudi, aux 62 sans-abri décédés dans les rues de Bruxelles en 2019. Cette commémoration est une tradition annuelle depuis 15 ans. Comme la commémoration en présentiel à l'Hôtel de Ville de Bruxelles n'était pas possible cette année, le collectif a décidé d’organiser un moment de commémoration en ligne.

Kris Roels, du collectif "Morts de la rue" , regrette que les sans-abri de Bruxelles ne puissent pas être présents cette année à la cérémonie à cause des mesures sanitaires. "C'est toujours un moment chaleureux quand ils se retrouvent et reçoivent un soutien."

"Le fait que des dizaines de personnes meurent encore dans la rue chaque année est inquiétant", dit-il. "Pour moi, chaque mort dans la rue est un mort de trop. Cela ne devrait pas arriver", ajoute-t-il. "Je fais partie de cette organisation depuis tant d'années et je me bats pour ces gens qui me tiennent à cœur. Ils sont tous les mêmes pour moi. Les différentes communes bruxelloises devraient apprendre à mieux communiquer entre elles pour les aider au lieu de travailler seules".

Ne dites plus "sans-abri", mais "habitant de la rue"

Francine Van Beneden fait également partie du collectif et contribue aujourd'hui à la commémoration des défunts. Elle a elle-même vécu dans les rues de Bruxelles pendant de nombreuses années et a tout vu de ses propres yeux.

"Il n'y a certainement pas que les personnes âgées qui vivent dans les rues et y meurent. Récemment, il y a eu un jeune homme de 22 ans et il ne faisait certainement pas exception. D'ailleurs, je préfère utiliser le terme "habitant de la rue" plutôt que celui de sans-abri. Cela semble plus respectueux et n'a pas de connotation aussi négative".

Kris Roels partage son avis. Avec les bénévoles de l'association, ils veillent à ce que les morts de la rue reçoivent un adieu digne. "Souvent, ils n'ont presque plus de famille ni d'amis et il n'y a personne aux obsèques. Nous nous occupons de lire quelques poèmes, d’apporter des fleurs ou une bougie".

Le collectif "Mort de la rue" a été créé en mai 2005 par des bénévoles et des professionnels du secteur sans-abris, des citoyens alertés par la précarité et la solitude dans laquelle certaines personnes sans-abri, ou ex sans-abri, pouvaient être enterrées.

La mission de ce collectif est d’ agir pour un adieu digne pour les habitants de la rue en Région Bruxelloise. L 'âge moyen des personnes qui décèdent dans la rue est de 48 ans. "Ils ne tombent pas tous nécessairement gravement malades ou ne meurent pas tous de froid. Mais leur situation ne leur permet pas de faire preuve de l'hygiène nécessaire. Ou bien ils sont victimes d’un accident dans la rue", explique encore Francine Van Beneden.
 

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