Yorick Jansens

Un permis pour la construction d’une nouvelle usine de plastique dans le port d’Anvers

La ministre flamande de l'Environnement et de l'Energie Zuhal Demir (N-VA) a délivré deux permis environnementaux dans le port d'Anvers, rendant ainsi possible le vaste projet d'investissement "Project One" du groupe chimique britannique Ineos. Il s'agit d'un investissement d'environ 5 milliards d'euros. "Des efforts supplémentaires sont toutefois attendus de la part d'Ineos pour réduire l’impact" , a déclaré Zuhal Demir.

Le groupe chimique Ineos veut investir dans de nouvelles unités pour la production d'éthylène et de propylène à Anvers. C'est l'un des plus gros investissements chimiques dans le port d'Anvers depuis des décennies. Cependant, la constructions des deux unités de production de plastique nécessitera la destruction de 49 hectares de forêt.

En novembre dernier, le groupe Ineos avait déjà obtenu un permis environnemental de la part de députation provinciale d'Anvers pour les travaux préparatoires du projet 1. En décembre, les associations de protection de la nature avaient toutefois introduit un recours contre les plans, après quoi le dossier a été transféré au niveau régional.

Après un avis favorable (conditionnel) de la Commission régionale d'autorisation environnementale (GOVC), la ministre Zuhal Demir a finalement accordé le permis. "Comme le site est situé dans une zone portuaire destinée à l'industrie, il est possible de le déboiser afin de rendre possibles ces activités économiques supplémentaires", a décidé Zuhal Demir.

Conditions pour réduire l'impact environnemental

Néanmoins, selon la ministre, le permis est assorti de conditions préalables importantes. Par exemple, Ineos devra non seulement dédommager pour la destruction de la totalité du bois mais le groupe chimique doit également s’engager à reboiser environ 6 hectares de forêt en plus et ce pour compenser la perte de stockage du carbone. "Ces engagements ont été inscrits dans le permis", explique Zuhal Demir. "Investir dans l'emploi et l'innovation doit encore être possible en Flandre et certainement dans le port d'Anvers", selon le ministre de la N-VA. 

Investir dans une usine polluante n’est pas l’idée que nous nous faisons d'investissements durables tournés vers l'avenir"
Groen

Les écologistes flamands qui sont dans l’opposition à Anvers et au niveau flamand se disent déçus de la décision d'accorder un permis à Ineos.
"La Flandre doit investir dans le port du futur. Zuhal Demir accorde maintenant une licence pour une technologie polluante du passé", réagissent les conseillers verts anversois Imade Annouri et Nordine Saïdi Mazarou. "Une usine de plastique qui utilise l'argent des contribuables pour polluer l'environnement n'est pas l'idée que nous nous faisons d'investissements durables tournés vers l'avenir".

Les plans d'Ineos pour de nouvelles installations de production d'éthylène et de propylène ont fait l'objet de précédentes protestations.

Par exemple, début octobre, Ineos Will Fall avait occupé une partie de la forêt qui devra faire place à l'usine. En collaboration avec le groupe d'action Antwerpen Schaliegasvrij, ils ont également recueilli 10 000 signatures contre le projet et une liste de plus de 700 objections et contestations.
 

La bataille n’est pas finie

Il y a une opposition à ce projet depuis un certain temps déjà mais sans jamais vraiment avoir été entendue.

"Nous voulions rencontrer la ministre Demir avec nos signatures, mais elle a refusé de nous recevoir. Mais nous allons porter le dossier à l’Europe, pour un litige sur les permis, pour mettre fin à cette exploitation forestière. Soyons clair, il n'y a pas encore de permis pour le site de l'usine", dit Katrin Van den Troost.

"Cette usine ne devrait pas être construite non plus, car Ineos utilise des combustibles fossiles anciens et polluants comme du gaz de schiste pour produire de l'éthylène et du propylène ».
Action de militants climatiques sur le site de l'entreprise pétrochimique Ineos à Anvers
 

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