Fermeture des magasins non-essentiels : "Une perte de 100 millions d’euros par jour"

Dès lundi 2 novembre, les magasins vendant des articles considérés comme non-essentiels au bien-être des consommateurs devront fermer leurs portes. Il s’agit des magasins de meubles, boutiques de mode ou fleuristes, mais aussi des librairies ou magasins de jouets. La mesure sera évaluée dans un mois. Comeos, l'organisation sectorielle du commerce et des services, et les organisations patronales flamandes Voka et Unizo qualifient la mesure de nouveau coup dur pour le secteur. Elles réclament à nouveau des aides financières, comme lors du premier confinement, au printemps.

D’après Comeos, la fermeture des magasins non essentiels entraîne une perte de plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires par jour. Six semaines de fermeture représenteront un manque à gagner de 4 milliards d'euros, prévient l'organisation sectorielle du commerce et des services. "Une catastrophe", estime son CEO Dominique Michel. Il demande un vaste programme de soutien, des milliers d'emplois étant menacés.

"Nous comprenons la décision parce que la santé publique est primordiale, mais c'est un autre coup dur pour le secteur qui est déjà en difficulté", a souligné Dominique Michel. "Ce sont aussi 250.000 emplois qui seront supprimés dans notre secteur". La fédération sectorielle demande donc une exonération des cotisations de sécurité sociale pour le troisième trimestre. De plus, par analogie avec la France, il devrait y avoir une intervention dans les frais de location.

Comeos demande également la fin de toutes les taxes que les magasins doivent payer. Il s'agit, par exemple, des frais de stationnement ou des taxes sur la publicité lumineuse. "Il n'est pas possible que le gouvernement ferme les magasins et continue en même temps à percevoir des impôts." Comeos est cependant heureux que le système "click & collect", qui permet de commander en ligne et de retirer les produits en toute sécurité au magasin, soit par contre autorisé cette fois-ci.

Belga

"Un coup dur pour l’économie"

Les organisations patronales flamandes Voka et Unizo qualifient les mesures anti-coronavirus renforcées de coup très dur pour l'économie. "Notre économie va connaître des temps difficiles", prévient l'administrateur délégué de l'organisation Voka, Hans Maertens. Les réserves des entreprises sont épuisées après huit mois de crise. "Sans soutien supplémentaire, nombreuses seront celles qui ne survivront pas à ce deuxième confinement, ce qui entraînera d'importantes pertes d'emplois. Surtout maintenant qu'on réalise que cette situation pourrait encore durer de nombreuses semaines", ajoute Maertens.

L'Unizo, qui rassemble les entrepreneurs indépendants flamands, partage ces inquiétudes. Son administrateur délégué Danny Van Assche (photo archives) évoque un "échec collectif" à juguler l'épidémie et appelle notamment à consommer local pour préserver les petits commerces, lesquels auront la possibilité de recourir au système de livraison. Les deux organisations plaident pour que les mesures de soutien existantes soient prolongées et renforcées jusque fin juin 2021.

Le secteur touristique flamand prévoit des pertes de 3 milliards

Toerisme Vlaanderen parle d'un nouvel "uppercut", maintenant que de nouvelles mesures plus strictes sont prises dans la lutte contre le coronavirus. "D'ici à la fin de l'année, nous prévoyons une perte supplémentaire d'environ 3 milliards d'euros pour le secteur du tourisme flamand et bruxellois", déclare le CEO Peter De Wilde.

Les centres de vacances devront fermer leurs portes pendant au moins un mois et demi, et les hôtels devront également fermer leurs restaurants. "Bien sûr, nos soins de santé passent en premier, mais cela ne change rien au fait que c’est une fois de plus très dur pour notre secteur", souligne Peter De Wilde.

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