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Des mesures de sécurité accrues dans le quartier juif d'Anvers

La police d'Anvers a renforcé les mesures de sécurité dans le quartier juif, par rapport à celles qui étaient déjà en vigueur au niveau de menace actuel, a confirmé ce mardi le porte-parole du bourgmestre d'Anvers Bart De Wever. La décision a été prise dans la foulée de l'attaque terroriste survenue dans la capitale autrichienne Vienne lundi soir. "La police suit comme toujours les informations de près. Elle est équipée d’unités qui ont été formées spécialement", a ajouté Bart De Wever.

Plusieurs fusillades dans la capitale autrichienne ont tué quatre personnes et fait 15 blessés, lundi soir. Un assaillant a été abattu par la police. Il était, selon le ministre autrichien de l'Intérieur, un sympathisant du groupe État islamique. Une des attaques a été perpétrée près d'une importante synagogue, sans que l'on sache à ce stade si le lieu de culte était visé.

"Pendant que l’attaque était encore en cours à Vienne, nous avons immédiatement envoyé des unités de police supplémentaires dans le quartier juif", indiquait le bourgmestre De Wever. "Il semble en effet qu’une série d’attentats soient perpétrés actuellement en Europe, souvent vers des cibles religieuses. Cela nous inquiète toujours beaucoup, parce que nous avons une grande communauté juive orthodoxe à Anvers".

Niveau de menace 3 maintenu

Des mesures de sécurité accrues étaient déjà d’application dans le quartier juif d’Anvers. "Le quartier a toujours été maintenu au niveau d’alerte 3, ce qui veut dire qu’un attentat y est toujours considéré comme probable", précisait le bourgmestre Bart De Wever ce mardi. Le niveau d'alerte pour l'ensemble du pays se situe actuellement à 2.

La vigilance a maintenant encore été accrue à Anvers. "La police est équipée d’unités qui ont été spécialement formées à cet effet, notamment avec des équipes motorisées qui peuvent intervenir rapidement. Et nous avons aussi le soutien de la Défense", précisait le bourgmestre.

"Nous espérons pouvoir continuer à compter sur le soutien de la Défense, parce que le nouveau gouvernement fédéral a annoncé qu’il voulait mettre fin à la présence accrue de militaires dans les rues. Il a été dit que le service de surveillance générale reprendrait la tâche actuelle des militaires pour surveiller les cibles éventuelles d’attaques terroristes. Mais pour l’instant, il est seulement question d’un retrait des militaires. Je pense que c’est une erreur", indiquait Bart De Wever.

A noter cependant que le conseil des ministres a décidé vendredi de prolonger encore d’un mois le déploiement de militaires dans les grandes villes dans le cadre de l'opération "Vigilant Guardian" (OVG) en renfort de la police fédérale. Et cela en dépit de la volonté affichée par le nouveau gouvernement d'y mettre fin.

"Mauvais signal"

Hans Knoop, porte-parole du Forum des organisations juives en Région flamande, estime aussi que ce serait donner un mauvais signal que de retirer la présence de militaires des rues. "Actuellement il n’est pas encore clair si l’attentat de Vienne avait pour cible la communauté juive, mais ce type d’attentat peut aussi se produire en Belgique. Nous estimons donc que retirer les militaires des rues en Belgique est presque une incitation à de nouveaux actes terroristes".

Hans Knoop est donc satisfait que des mesures supplémentaires de protection aient été prises à Anvers. "Cela montre que l’on comprend la gravité de la situation". Le bourgmestre De Wever craint que ce type de vigilance doive devenir la nouvelle norme en Europe. "Nous ne pouvons pas somnoler parce que nous avons eu quelques années plus calmes".

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