En Flandre, 400.000 habitations ne sont pas reliées aux égouts, "c'est inacceptable et illégal"

D’après une enquête de l’émission Pano (VRT), pas moins de 400.000 foyers attendent toujours d’être reliés aux égouts en Flandre. Chaque jour, des millions de litres d’eaux usées sont ainsi déversés dans la nature. Une catastrophe pour l’environnement, mais aussi pour les habitants des maisons concernées. 

Il y a sept ans, le reporter de Pano, Vincent Verelst, trouvait la maison de ses rêves à Bonheiden, en province d’Anvers. Ce qui semblait être parfait en surface s’est révélé être un cauchemar sous terre. Les eaux usées de son habitation n’aboutissent en effet pas dans les égouts, mais bien dans son jardin, via une fosse septique. 

Dans ce même quartier, les habitants attendent maintenant depuis 20 ans que leurs maisons soient raccordées aux égouts. En attendant, ils se servent souvent de sterputs ou de pompes submersibles, mais ces solutions sont peu efficaces et ne respectent pas les règles environnementales. 

Face aux différents témoignages recueillis par Pano, Katrien Smet, de l’agence flamande pour l’Environnement (VMM) se dit choquée. "C’est une situation intolérable, et en fait, c’est aussi une situation illégale. Le pompage des eaux usées est une infraction à la loi environnementale", réagit-elle. 

Un retard irrattrapable ?

Actuellement, 86% des habitations flamandes sont raccordées aux égouts. Les foyers qui ne le sont pas se trouvent principalement dans les communes rurales. Des différences locales sont toutefois souvent constatées. Mais le résultat de cette situation est toujours le même : les eaux usées se retrouvent dans la nature, à quelques mètres des habitations sans raccordement. 

Le problème semble loin d’être résolu. Le secteur flamand des égouts souffre en effet de structures complexes et de compétences partagées entre les différentes autorités. Le nord du pays a ainsi pris du retard sur l’ultimatum imposé par l’Europe. D’ici 2027, tous les cours d’eau devront en effet être de bonne qualité. 

A l’heure actuelle, c’est loin d’être le cas. Les experts sont d’ailleurs unanimes: "nous n’arriverons pas à respecter la date butoir". 

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