Ludivine Dedonder veut des salaires plus élevés et davantage de civils pour "recapitaliser" la Défense 

La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), souhaite compenser les nombreux départs qui surviennent à l'armée en recrutant davantage de civils et en augmentant les salaires, en partant du postulat que l'enjeu central pour la Défense durant la législature sera "la recapitalisation dans le domaine du personnel", avec plus de 10.000 recrutements prévus. 

Plus de 40% des militaires belges devraient partir à la retraite dans les années à venir. "Après un important investissement dans le domaine du matériel, entamé lors de la législature précédente, il convient désormais de se consacrer à la recapitalisation dans le domaine du personnel qui sera replacé au cœur des préoccupations", écrit la ministre PS dans un "exposé d'orientation politique" (sa note de politique générale) qu'elle présentera mardi à la Chambre.

"A politique inchangée, indique le document, le nombre de militaires diminuera de 24.500 à 20.500 début 2025", un plancher historique, bien inférieur aux 25.000 équivalents temps plein (ETP) - environ 24.000 militaires et un millier de civils - prévus à l'horizon 2030 dans la "Vision stratégique" approuvée par le gouvernement Michel 1er en juin 2016.

"L'inflexion rapide de la courbe descendante est la condition sine qua non pour maintenir une Défense effective", ajoute Mme Dedonder dans cette note publiée vendredi sur le site de la Chambre.

Selon elle, la Défense recrutera plus de 10.000 nouveaux collaborateurs durant la législature. Et dès 2021, "la Défense s'organisera pour pouvoir recruter plus que les 2.300 militaires du cadre actif prévus actuellement", précise-t-elle.

La ministre souhaite aussi attirer davantage de civils, dont la proportion au sein de la Défense est bien inférieure à la moyenne des pays voisins (5% en Belgique pour plus de 20% pour les pays voisins).

"Il existe manifestement au sein de la Défense un potentiel d'augmentation des fonctions auxquelles le personnel civil pourrait avoir accès. Un trajet de croissance sera entamé dès 2021 pour tendre vers les 15% en 2024. Cette augmentation passera par un nombre structurel de 500 Rosettas (convention premier emploi) au sein de la Défense ainsi qu'une augmentation de la capacité de sélection dans le cadre du SELOR (le bureau de sélection du gouvernement fédéral).

Selon Mme Dedonder, l'amélioration de l'attractivité des carrières à la Défense passe par l'adaptation des statuts en prenant les mesures nécessaires pour les rendre concurrentiels sur le marché de l'emploi, plus particulièrement par rapport aux autres employeurs de la sécurité publique.  

Amélioration progressive des salaires

La ministre annonce une amélioration progressive des salaires - qui n'ont plus évolué depuis 2003 - durant cette législature, sur la base d'un audit indépendant d'un partenaire extérieur concernant la concurrence salariale entre les métiers de la police et de la Défense.
Elle souhaite aussi accorder une attention particulière aux métiers techniques, pour lesquels la Défense est confrontée à un déficit.
Sa note préconise aussi de favoriser les "nouvelles formes d'organisation du travail", comme le télétravail, l'ouverture d'un plus grand nombre de bureaux satellites, ou une amélioration de l'offre de formation à distance "d'autant que la période de confinement a permis à certaines de ces nouvelles formes de travail de prendre de l'ampleur et de démontrer leur efficacité".

Meilleure répartition géographique des quartiers

La ministre reprend enfin à son compte une idée de la hiérarchie militaire sur une "meilleure répartition géographique des quartiers" pour permettre à davantage de membres du personnel de mener une plus grande partie de leur carrière à proximité du domicile.

"Cet équilibre sera rétabli par, dans une première phase et dès 2020, le maintien de l'implantation de nombreux quartiers existants et par une nouvelle répartition des unités au sein de ces quartiers et dans une deuxième phase par la construction de nouveaux +quartiers du futur+ dans les zones à faible présence militaire (les provinces de Flandre orientale et du Hainaut).

Le début des travaux de construction des quartiers du futur se fera encore durant cette législature", assure Mme Dedonder.

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