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Mutation du Covid-19 chez le vison : "Darwin en action, mais il n’y a pas de raison de paniquer"

Des inquiétudes sont nées après la découverte au Danemark d'une version mutante du SARS-Cov-2 transmissible à l'homme, issue d'élevages de vison. La contamination a eu lieu dans la région du Jutland qui concentre la plupart de ces élevages. "Les visons ont été infectés par les hommes, et ont à leur tour contaminé des gens avec leur variante du virus", explique le virologue Steven Van Gucht. Ce dernier estime toutefois qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. "Le virus des visons n’est pas plus dangereuse pour l’homme que le coronavirus actuel", souligne-t-il. 

D’après l'Autorité danoise de contrôle des maladies infectieuses (SSI), une dizaine de personnes été contaminées dans le pays depuis le mois de juin par la variante du coronavirus provenant des visons. 

Il y a quelques jours, le gouvernement danois a annoncé que la totalité des visons élevés dans le pays - soit entre 15 et 17 millions d'animaux - devront être abattus à cause de la mutation. Selon les explications des autorités danoises, cette mutation ne se traduit pas par des effets plus graves chez l'homme mais par une moindre efficacité des anticorps humains, ce qui menace la mise au point d'un vaccin contre le Covid-19. Le virus muté détecté sur des visons ne réagirait en effet pas autant aux anticorps que le virus normal. 

"Pas de raison de paniquer"

D’après le virologue belge Steven Van Gucht, il est très peu probable que le virus provenant des visons soit plus dangereux pour l’homme. "C’est vraiment Darwin en action : le virus entame une série de mutations afin qu’il soit plus adapté aux visons. Cette variante s’est donc spécialement adaptée à ces animaux, et est dès lors probablement moins adaptée aux êtres humains", souligne-t-il. 

Le virologue est par ailleurs sceptique quant à la supposition que les anticorps seraient moins efficaces contre la version mutante. "Il n’y a pas encore de rapports scientifiques à ce sujet, et j’estime d’ailleurs que ce scénario est peu probable", indique-t-il. 

Quid des élevages belges ?

A ce jour, six pays, à savoir le Danemark, les Pays-Bas, l'Espagne, la Suède, l'Italie et les Etats-Unis ont rapporté des cas de SRAS-CoV-2 chez des élevages de visons auprès de l'Organisation mondiale de la santé animale. 

La Belgique compte, elle aussi, quelques élevages de visons. Il n’est toutefois actuellement pas question d’exterminer les animaux. "Ces élevages sont suivis de très près. Sciensano contrôle chaque semaine ces entreprises, et jusqu’ici les résultats ont toujours été négatifs. Si le virus devait toucher l’un ou l’autre élevage, il faudra alors agir", conlut-il. 

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