Premier vol charter depuis 2016 pour des demandeurs d’asile qui rentrent volontairement au pays

Septante-sept Salvadoriens sont repartis ce jeudi matin depuis l'aéroport de Zaventem (photo archives) via un vol spécialement affrété pour leur retour volontaire au pays, ont annoncé le Secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, Sammy Mahdi, et l'Agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile, Fedasil. Le gouvernement belge veut favoriser davantage les retours volontaires de demandeurs d’asile déboutés ou en cours de procédure, "parce que c’est plus humain" et moins onéreux pour l’Etat, indique le Secrétaire d’Etat.

Il s'agit du premier vol charter pour des retours volontaires depuis 2016, lorsqu’un vol similaire avait été organisé à destination de l'Irak, a précisé Sammy Mahdi (CD&V) dans un communiqué, rappelant que ces retours se font habituellement par vol régulier. Fedasil précise pour sa part avoir "pu comme toujours compter sur l'expertise de l'Organisation internationale pour la Migration (OIM, une agence onusienne) pour la Belgique et le Luxembourg pour l'organisation pratique de ce vol".

Depuis le début de la crise du coronavirus, les vols de retour sont en baisse, particulièrement pour certaines destinations plus difficiles à rejoindre. De nombreuses personnes ayant fait appel à Fedasil pour un retour volontaire ont donc dû attendre plus longtemps. C'était le cas des Salvadoriens, dont un grand nombre ont pu partir par ce vol spécial, a expliqué l'agence. Des collaborateurs de Fedasil et de l'OIM étaient présents à l'aéroport pour accueillir et accompagner les personnes qui retournaient. Quelques collaborateurs ont également embarqué à bord de l'avion pour faire le voyage avec eux. Il est en effet fréquent qu'une escorte soit prévue jusqu'à la destination finale, par exemple pour des personnes à mobilité réduite ou souffrant de problèmes de santé.

Selon Fedasil, les Salvadoriens qui retournent volontairement peuvent également recevoir une aide financière limitée lors de la réintégration dans leur pays, par exemple pour suivre une formation, trouver un emploi fixe, rénover un logement ou payer des frais médicaux. Pour ce faire, ils peuvent faire appel sur place aux partenaires locaux de l'OIM et Caritas International.

Le nombre de personnes provenant du Salvador et ayant introduit une demande de protection internationale a nettement augmenté depuis l'an dernier. Le Salvador, un pays où de graves problèmes de sécurité persistent, figure parmi les cinq premiers pays pour les demandes de protection internationale en 2020. Il y en a eu 503 jusqu'à septembre inclus. Seuls moins de 10% des demandeurs de protection internationale en provenance du Salvador se voient accorder une protection dans notre pays, a précisé le Secrétaire d’Etat Sammy Madhi (photo archives).

Demandes de retour volontaire en hausse

Les demandes de retour volontaire vers le Salvador, au même titre que vers d'autres pays d'Amérique latine comme la Colombie et le Venezuela, sont de plus en plus nombreuses ces derniers temps. Parallèlement, le nombre de demandes d'asile de personnes originaires de ces pays est lui aussi plus élevé, selon Fedasil.

"Un retour volontaire si possible, forcé si nécessaire, c'est ce que je préconise. Le retour volontaire est toujours préférable, tant sur le plan humain que financier. Ces gens savent qu'ils ne devraient pas être ici et qu'ils ne peuvent pas construire un avenir dans notre pays. Ce vol démontre que les retours volontaires peuvent et doivent être renforcés dans certains cas. Pour autant, je ne suis pas naïf, et dans certains cas, le retour forcé est et reste une nécessité", a souligné le Secrétaire d'État.

"Un retour volontaire est une solution plus humaine et moins onéreuse que de devoir enfermer les demandeurs d’asile dans un centre fermé ou les renvoyer de force", indiquait également à la VRT Mieke Candaele de Fedasil. Pour les retours forcés, des accords sont en outre nécessaires avec les pays d’origine des demandeurs d’asile. "Cela signifie que nous devons traiter le problème aussi bien que possible sur le plan diplomatique. Essayer de permettre les retours de demandeurs d’asile même quand leur pays d’origine ne veut pas collaborer au programme de retour volontaire", précisait Sammy Mahdi.

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