Trois policiers blessés lors d'un contrôle d'identité : le ministre de la Justice demande des explications

Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD) a demandé au parquet de s'expliquer sur la remise en liberté des agresseurs de policiers, lors d'un "contrôle covid" effectué samedi à Ixelles. Il attend une réponse à sa demande dimanche encore, a-t-il affirmé au cours de l'émission "De zevende dag" (VRT). A ses yeux, les faits eux-mêmes sont "scandaleux".

"La police travaille dur pour veiller à l'application des mesures corona, également à Bruxelles", a-t-il commenté. "Classer ce genre d’affaire parce qu’elles ne constituent pas une priorité ne sera plus permis".
Trois agents de la police locale d'Ixelles ont été légèrement blessés, samedi après-midi, lors d'un contrôle d'identité lié à la lutte contre le coronavirus, a indiqué la police locale.

L'individu que les policiers voulaient contrôler s'est rebellé et d'autres personnes s'en sont mêlées, blessant les trois agents.

Trois personnes ont été interpellées. Présentées au parquet, elles ont été remises en liberté. Le ministre de la Justice s’est interrogé sur les raisons de cette remise en liberté. Il a souligné que cela ne signifiait nullement que ces personnes n'étaient pas coupables. S'il apparaît qu'elles ont commis des faits répréhensibles, elles seront déférées devant un Juge d'instruction, seront poursuivies et sanctionnées, a-t-il insisté. 

Vincent Van Quickenborne a également rappelé que l'accord de gouvernement prévoyait d'appliquer une tolérance zéro pour les faits de violence à l'égard de policiers. Pour lui, cela implique que tous les faits répréhensibles feront l'objet de poursuites dans le chef de leurs auteurs, seront jugés et sanctionnés.
 

Pour le parquet, "la version de la police et celle des suspects ne concorde pas"

Les trois suspects ont été libérés après audition, a confirmé dans l'après-midi le parquet. "Les explications des suspects et de la police à propos des circonstances de l'intervention ne concordent pas", précise la porte-parole du parquet Sarah Durant.  

"Il existe des images de l'intervention. L'enquête se poursuit afin de mettre au jour l'intégralité des faits. L'enquête vise également à identifier d'autres suspects."

Le fait que trois suspects ont été libérés ne signifie en aucun cas qu'ils ne s'exposent plus à des poursuites judiciaires : "A l'issue de l'enquête, le parquet déterminera quelle est la réponse pénale à donner aux infractions commises. La gravité des faits et leur contexte seront pris en compte, notamment le fait que ces infractions ont été commises en bande contre la police à la suite d'un contrôle par les forces de l'ordre du respect des mesures Corona.", a encore dit la porte-parole du parquet.

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