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“Les centrales nucléaires ne fermeront en 2025 que si c’est faisable et abordable"

Sur le plateau de l’émission "De Zevende Dag" de la VRT, ce dimanche midi, le Premier ministre Alexander De Croo a indiqué que son gouvernement fera tout pour parvenir à fermer les centrales nucléaires de Doel et Tihange en 2025. Mais si la sécurité d’approvisionnement en énergie s’avérait être en danger, deux réacteurs resteront ouverts. De Croo réagissait ainsi aux déclarations de Bart De Wever, samedi au micro de la VRT. Le président de la N-VA proposait en effet une majorité alternative pour inverser la sortie du nucléaire, qu’il dépeint comme un scénario désastreux. Quant au ministre Frank Vandenbroucke (SP.A), dont le parti est l’un des quatre interpellés par De Wever, il minimisait l’importance de la déclaration du bourgmestre anversois. "Qui est Bart De Wever dans cette histoire ?", lançait-il sur le plateau du Zevende Dag.

Alexander De Croo a tenu à remettre les points sur les i à la suite des déclarations de Bart De Wever. "Le gouvernement fédéral travaille simplement sur base d’une décision du gouvernement précédent, prise en 2015", expliquait le Premier ministre sur le plateau de la VRT (photo). A l’époque, la N-VA faisait partie de ce gouvernement. "Le but est de mener à bien la sortie du nucléaire et de ne plus la retarder. C’est ce qui est stipulé dans l’accord de gouvernement". 

De Croo contrecarrait également les critiques de la N-VA, qui affirme que le pays se retrouvera dans une situation désastreuse, où l’approvisionnement en énergie sera en péril, si tous les réacteurs nucléaires sont effectivement mis à l’arrêt en 2025. "Nous avons inscrit dans l’accord de gouvernement que la sortie du nucléaire ne sera menée à bien que si c’est faisable et finançable". 

Alexander De Croo précisait que les deux plus récents réacteurs resteront ouverts après 2025 si la sécurité d’approvisionnement en énergie ne pouvait être garantie. Il n’est donc pas question de se retrouver dans un scénario catastrophique tel que le dépeint la N-VA. Le gouvernement fédéral s’est donné jusqu’en novembre 2021 pour étudier la question de l’approvisionnement et prendre une décision définitive. Il évaluera alors la faisabilité pratique et financière d’une sortie totale du nucléaire. 

Plus tôt dans la semaine, le groupe énergétique Engie Electrabel - gestionnaire des centrales nucléaires belges - avait annoncé mettre fin à ses investissements liés à la prolongation des centrales nucléaires en Belgique. Ce qui avait poussé Bart De Wever à réagir. Mais Alexander De Croo souligne que cela ne veut pas dire qu’Engie Electrabel fermera bel et bien tous les réacteurs en 2025, forçant ainsi le gouvernement à venir mendier s’il n’avait pu assurer la sécurité d’approvisionnement. "Engie Electrabel tient compte de deux scénarios, à savoir la fermeture totale des centrales et le maintient en activité de deux réacteurs, si nécessaire". 

Le Premier ministre qualifiait le dossier de la sortie du nucléaire de "trop important que pour céder à de la surenchère politique".

Vandenbroucke : "Qui est Bart De Wever dans ce dossier ?"

Également invité ce dimanche midi sur le plateau du Zevende Dag, le ministre fédéral de la Santé publique, Frank Vandenbroucke (photo), ne se montrait pas plus impressionné par les déclarations du président de la N-VA. 

"Qui est Bart De Wever dans cette histoire? Il n'est pas au gouvernement. Cette communication est totalement sans importance. C'est aussi la raison pour laquelle mon parti n'a pas réagi à l’appel de la N-VA. C'est une déclaration faite depuis le banc de touche. Le gouvernement est formé et il est solidaire", soulignait avec force le socialiste flamand.

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