80 professeurs d’université demandent un accès à une vie saine pour l'ensemble de la population

Dans une lettre ouverte, plus de 80 professeurs d’université et académiciens, membres d’associations scientifiques appellent le gouvernement à prendre des mesures concrètes pour permettre, à l’ensemble des citoyens, d’avoir accès à un mode de vie plus sain. La crise du coronavirus a mis en évidence l'importance de cette question. Selon les signataires, "le gouvernement transfère trop souvent la responsabilité de ce choix aux seuls individus, ce qui est injuste", estime les académiciens.

La crise du coronavirus a mis en évidence l'importance de mener un mode de vie sain : les personnes souffrant d'obésité, de maladies cardiovasculaires ou de diabète ont été particulièrement touchées par la pandémie ces derniers mois. "C'est une dure réalité. Surtout si vous savez qu'un mode de vie sain peut prévenir au moins 80 % des maladies cardiovasculaires et des diabètes de type 2 et 40 % des cancers", peut-on lire dans la lettre ouverte publiée sur le site web de l'Institut flamand pour un mode de vie sain. Plus de 80 scientifiques, médecins et organisations de la société civile ont déjà co-signé cette lettre ouverte.

"Vivre sainement n’est pas donné à tout le monde"

"Au cours des derniers mois, il y a eu de nombreux d'appels bien intentionnés à la population à mener une vie plus saine", explique Loes Neven, de l'Institut flamand pour une vie saine. "On a ainsi affirmé que chaque kilos que l'on prend passe par notre bouche. En qu'en fin de compte, c'est nous qui décidons ce que nous mangeons. Mais dans la réalité, ce n’est pas évident pour tout le monde de mener une vie saine.

"C’est notamment une question de budget", estime Loes Neven : la nourriture saine n'est pas bon marché, elle est même devenue plus chère. "Faire de l’exercice n’est pas accessible à tout le monde non plus : vous devez pouvoir disposer d’espace et de temps libre pour sortir facilement, les enfants doivent pouvoir jouer dehors, faire du vélo, courir dans un environnement sûr. C'est donc plus facile à dire qu'à faire".

Dans leur lettre ouverte, les scientifiques mettent en avant qu’il est très tentant de tomber dans la "malbouffe" et une vie malsaine. "Les gens sont constamment tentés de faire des choix malsains. Pensez aux nombreux distributeurs automatiques remplis de snacks gras et sucrés que l’on trouve dans les lieux publics, à la publicité à la télévision et sur Internet pour des aliments sucrés et gras qui mettent constamment notre volonté à l'épreuve et, dans les moments de faiblesse, toute personne normale cèdera à la tentation".

C'est la raison pour laquelle, les auteurs de la lettre ouverte estiment qu'il est injuste de ne faire appel qu’au citoyen individuel pour mener un mode de vie sain. "Toutes les actions de prévention ont un budget limité", ajoute Loes Neven, "et ensuite les mauvaises habitudes sont prises. Nous devons beaucoup plus nous concentrer sur un environnement dans lequel ce mode de vie sain deviendrait évident".

Il faudrait que l’aspect santé soit intégré dans chaque domaine, de l'agriculture à la fiscalité en passant par l'éducation. "Nous constatons que jusqu'à présent, seules des mesures timides ont été prises. Faisons un plan intégré de toutes ces actions individuelles, avec des priorités pour les groupes cibles qui en ont le plus besoin. Ces mêmes groupes sont invariablement exclus et les inégalités en matière de santé s'accentuent".

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