Anvers veut réduire de moitié ses émanations de CO2 d’ici 2030

Mardi soir, le conseil communal d'Anvers a approuvé un plan climatique qui vise à réduire les émissions de CO2 de 50 à 55 % d'ici 2030 par rapport à 2005. Avec ce plan, Anvers devrait atteindre les objectifs du Green Deal européen. L’échevin anversois de l'Environnement Tom Meeuws (SP.A) n'a aucun doute sur la faisabilité de ce Plan Climat 2030. "Ce plan est ambitieux, mais il a été quantifié".

Anvers avait été l'une des premières villes européennes à signer la Convention européenne des maires en 2009. Par cet accord, la ville s'est engagée (comme 286 autres communes flamandes) à limiter les émissions de CO2 sur son territoire conformément aux objectifs de l'Europe.
Le premier objectif était de réduire les émissions de 20 % d'ici 2020. Cet objectif a déjà été atteint en 2016, puis un nouvel objectif a suivi : réduire les émissions de 40 % d'ici 2030.
Dans le plan climat 2030 approuvé hier soir par le conseil communal d'Anvers, ce dernier objectif est encore plus ambitieux : les émissions de CO2 sur le territoire doivent être réduites de 50 à 55% d'ici 2030, comme le stipule désormais le Green Deal européen.
 

De nouvelles infrastructures et des initiatives collectives

Jusqu'à présent, la politique climatique d'Anvers s'était principalement concentrée sur la sensibilisation des ménages et un soutien aux initiatives privées. Les chiffres de la ville montrent que cette approche a fonctionné. C’est ainsi que par rapport à 2005, les émissions des ménages anversois ont diminué de 37 % et leur consommation d'énergie de 28 %. Et ce malgré le fait que la population d'Anvers a augmenté de 11,7% depuis 2005.
Selon la ville, les ménages n'ont plus grand-chose à réaliser. C'est pourquoi le Plan Climat 2030 se concentre principalement sur les initiatives et des infrastructures collectives.

Réduire la circulation automobile et installer des éoliennes

Dans les prochaines années, la ville a l'intention d'investir dans des infrastructures supplémentaires pour les cyclistes et les transports en commun. Anvers veut ainsi réduire le nombre de voitures particulières de 50 % dans l’agglomération.

Un réseau de chaleur à l'échelle de la ville, alimenté par la chaleur résiduelle des entreprises portuaires et la chaleur issue de la combustion de la biomasse, devra chauffer un bâtiment anversois sur dix d'ici 2030. 

Le parc éolien est toujours en cours d'extension dans la zone portuaire. L'ambition est de produire dans le port d'Anvers autant d'électricité d'origine éolienne que tous les ménages anversois en consomment. Les Anversois pourront investir dans le parc éolien sous forme de coopérative.
En matière d'énergie solaire, Anvers a également une ambition : d'ici 2030, la ville devrait compter un demi-million de panneaux solaires. 

La ville veut également rénover 650 autres immeubles d'habitation privés. Pour cela, elle veut faire appel aux associations de copropriétaires et les faire coacher par des professionnels. 

Afin d'encourager les propriétaires à installer des panneaux solaires ou des pompes à chaleur, la ville veut introduire une forme de "financement par des tiers". Ce faisant, le propriétaire bailleur paie l'installation, mais est remboursé via la facture d'énergie du locataire. Ainsi, une partie de la consommation d'énergie du locataire sera payée par le propriétaire. Étant donné que seules 4 maisons sur 10 à Anvers sont occupées par le propriétaire lui-même, la ville attache une grande importance à cette mesure. Elle estime que c'est le seul moyen de renouveler en profondeur le patrimoine immobilier de la ville.

Un plan ambitieux mais réaliste

Les Anversois pourront bientôt prendre connaissance de ce Plan Climat 2030 via une plateforme numérique. Afin d'orienter la mise en œuvre du plan, la ville va nommer un directeur du climat et un conseil du climat. 

L’échevin anversois de l'Environnement Tom Meeuws (SP.A) n'a aucun doute sur la faisabilité de ce Plan Climat 2030. "Le plan est ambitieux, mais il a été quantifié. C'est la première fois que nous disposons d'un plan étayé dont nous savons combien il coûtera. Avec l'aide de l'Europe et des gouvernements flamand et fédéral, nous sommes convaincus que nous atteindrons les objectifs en 2030".
 

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