Une œuvre du peintre anversois Jacob Jordaens découverte à l’hôtel de ville de Saint-Gilles

L'œuvre, qui était suspendue à plus de 4 mètres de haut dans le cabinet de l'échevin de l'urbanisme depuis près de 60 ans, était jusque-là considérée comme une simple copie. Le public pourra découvrir le tableau dans tout son éclat et ses couleurs d'origine aux MRBAB fin 2021.

L'œuvre du maître baroque anversois Jacob Jordaens découverte en 2019 dans l'hôtel de ville de Saint-Gilles à Bruxelles a été authentifiée comme la version la plus ancienne connue d'une composition de "La sainte famille", ont annoncé les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB) mardi dans un communiqué. L'œuvre, qui sommeillait dans le cabinet de l'échevin de l'urbanisme depuis près de 60 ans, a longtemps été considérée comme une simple copie.

Cette composition de "La sainte famille" a été utilisée par Jordaens dans trois autres tableaux conservés dans les prestigieux Metropolitan Museum de New York, l'Ermitage de Saint-Pétersbourg et l'Alte Pinakothek de Munich, ont ajouté les MRBAB.

Le précieux panneau peint a pu être attribué avec certitude à Jacques (Jacob) Jordaens, aux alentours de 1617-1618, grâce à la collaboration scientifique entre l'Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA), les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB) et les experts internationaux du Jordaens Van Dyck Panel Paintings Project, après plus d'un an de recherches approfondies.

L'hôtel de ville de Saint-Gilles abrite des centaines d'œuvres d'art. Nombre d'entre elles ont été offertes par le peintre et collectionneur d'art Léopold Speeckaert. Il a fait don de l'ensemble de sa collection à la commune après sa mort en 1915, mais jusqu'à la visite de l’IRPA en 2019, personne n'aurait pensé qu'un tel trésor était caché dans l’hôtel de ville.

Le tableau authentifié

C’est le Tournaisien Constantin Pion, chercheur en Histoire de l'Art, chargé par l'Institut Royal du Patrimoine Artistique de faire l'Inventaire du patrimoine de la Ville de Bruxelles qui a découvert ce tableau, l’an dernier, pendu à 4 mètres de haut.

"Lorsque je l’ai vu de près, je me suis dit il est quand même plus beau que sur la petite photo en noir et blanc" explique Constantin Pion. "Suite à cela j’ai eu le bonheur de le décrocher, ce qui n’avait plus été fait depuis longtemps, au moins un demi-siècle. Et c’est à ce moment-là que l’émotion m’envahit parce qu'en le retournant, nous avons découvert une série d’indices comme des marques du fabriquant de panneau et de la ville d’Anvers qui permettent de dater précisément la date de fabrication du panneau".

Constantin Pion explique dans la vidéo ci-dessous comment grâce à l’analyse par radiographie, le tableau a pu être authentifié.

L'analyse minutieuse de ce panneau de Jacob Jordaens (né à Anvers en 1593) a également révélé que le bois utilisé provenait du même arbre que celui employé par le jeune Antoine van Dyck (1599-1641), autre maître de la peinture baroque, dans plusieurs de ses compositions. Cela renforce l'hypothèse que les jeunes Jordaens et Van Dyck étaient actifs simultanément dans l'atelier de Rubens, ont souligné les Musées royaux.

"La sainte famille", âgée de plus de 400 ans, va bénéficier au sein de l'IRPA d'une vaste campagne de restauration d'un an financée par urban.brussels.
Le public pourra découvrir le tableau dans tout son éclat et ses couleurs d'origine aux MRBAB fin 2021.

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