Le gouvernement belge va analyser l'accord post-Brexit avec les entités fédérées

Le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) s'est félicité jeudi de l'accord qui définit les nouvelles relations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni après le Brexit, tout en précisant que son gouvernement allait "maintenant l'analyser en détail avec les entités fédérées".

Les 27 États membres et le Parlement européen doivent encore approuver l'accord, a rappelé le chef du gouvernement dans un communiqué publié peu après l'annonce faite par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et par le négociateur en chef européen, Michel Barnier (photo). 

Le gouvernement belge va maintenant l'analyser en détail avec les entités fédérées, a indiqué le Premier ministre. "Au bout du compte, une seule chose est vraiment cruciale à mes yeux: protéger au mieux les intérêts économiques belges. Nous devons protéger nos entreprises belges contre la concurrence déloyale britannique. Selon les premières informations, cet accord semble nous donner cette garantie cruciale. Un Brexit dur ne profiterait à personne. Cet accord permet d'absorber la majeure partie du choc", a souligné Alexander De Croo.

Selon lui, des garanties sont également offertes au secteur de la pêche, qui jusqu'au dernier moment a été au cœur des discussions, pour permettre à nos pêcheurs de s'adapter à la nouvelle réalité post-Brexit.

Le Premier ministre a souligné que l'UE apportera maintenant son soutien aux pays et aux secteurs durement touchés par le Brexit. Dans cette optique, l'Union européenne a mis en place la Réserve d'ajustement au Brexit, un fonds de soutien de cinq milliards d'euros.

"Il va de soi que ce sont les États membres les plus durement touchés qui devront recevoir la majeure partie des aides européennes. Et j'entends aussi appliquer ce principe à la Belgique: les aides doivent aller aux régions et aux secteurs qui souffrent le plus du Brexit. Si la solidarité européenne est primordiale, nous ne devons pas attendre des miracles. Le fonds d'aide ne remplacera en effet jamais le libre-échange avec le Royaume-Uni. Même s'il adoucira quelque peu cette nouvelle situation", a assuré le chef du gouvernement. 

Alexander De Croo a également remercié M. Barnier et Mme von der Leyen. "Michel Barnier et Ursula von der Leyen ont mené de main de maître cette mission particulièrement délicate vers une issue favorable. Ils ont œuvré sans relâche pour veiller à l'intérêt commun européen. Et je leur en suis extrêmement reconnaissant", a-t-il déclaré.

"Grâce à cet accord, nous pouvons enfin mettre un terme aux discussions intenses de ces quatre dernières années. Nous pouvons désormais œuvrer à une nouvelle relation solide avec le partenaire historique que reste le Royaume-Uni pour notre pays. Il est temps d'aller de l'avant", a conclu le Premier ministre.

Jan Jambon : "Fin de l'incertitude en vue, mais l'impact sur la Flandre sera grand"

Le ministre-président flamand, Jan Jambon (N-VA), a lui aussi salué la "fin de l'incertitude", qualifiant de "positif" le fait qu'un accord ait été trouvé. 

"Nous allons maintenant bien l'étudier. Merci à Michel Barnier pour son engagement. Fin de l'incertitude en vue, mais l'impact sur la Flandre sera grand", a-t-il indiqué sur Twitter. 

Quant à la vice-ministre-présidente du gouvernement flamand et ministre de la Pêche, Hilde Crevits (CD&V), elle a assuré que la Flandre fournirait le soutien nécessaire à ses pêcheurs et à la criée (aux poissons). "Il est positif que nos pêcheurs soient autorisés à continuer à pêcher la sole, la baudroie, les raies et la plie dans les eaux britanniques pendant les 5,5 premières années sous gestion conjointe", a-t-elle ajouté, également sur ce réseau social.

"Nous avons un bon deal. Il est "juste" et "équilibré"

Les négociateurs de Londres et Bruxelles ont dégagé un accord jeudi sur les futures relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, que le premier a quittée fin janvier dernier. A quelques jours de la fin de la période de transition (31 décembre), quand le Royaume-Uni quittera le marché unique, les deux camps ont passé la nuit de mercredi à jeudi à négocier pour dégager in extremis un accord, dont les dernières pierres d'achoppement concernaient la pêche.

Peu avant 16h00, un porte-parole de Downing Street a confirmé qu'un accord était finalisé. Quelques minutes plus tard, le Premier ministre britannique Boris Johnson a tweeté un "The deal is done" accompagné d'une photo de lui-même les deux pouces levés.

Lors d'une conférence de presse de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et du négociateur en chef pour l'UE Michel Barnier, la cheffe de l'exécutif européen a fait part de sa "satisfaction tranquille" et de son "soulagement". "Nous avons un bon deal", a-t-elle assuré. Il est "juste" et "équilibré". "C'était la bonne chose à faire, la chose responsable, pour les deux parties."

Selon l'Allemande, l'accord garantira une concurrence équitable entre entreprises de part et d'autre de la Manche. "Nous aurons des outils efficaces pour réagir en cas de distorsion de concurrence qui aurait des impacts sur nos échanges", indique-t-elle. Par ailleurs, "nous continuerons à coopérer avec le Royaume-Uni dans tous les domaines d'intérêt mutuel", comme la sécurité ou le transport.

La question d'une concurrence équitable, pour laquelle l'UE voulait des garanties, a fait partie des blocages persistants tout au long des (environ) 11 mois de négociations. Boris Johnson se voulait côté britannique le garant d'une "souveraineté retrouvée", d'un retour à la liberté.

L'Europe refusait quant à elle de laisser une concurrence dérégulée se créer à sa porte, au détriment de ses entreprises et travailleurs. Elle exigeait, en échange d'un accès complet et gratuit à son énorme marché (450 millions de consommateurs), que Londres s'engage à respecter des normes minimales quant au droit du travail, à l'environnement, les aides d'Etat, etc.

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