Prescription établie pour six assassinats politiques dont celui du docteur Joseph Wybran

La chambre des mises en accusation de Bruxelles a déclaré, jeudi, l'action publique prescrite dans un ancien dossier criminel qui concerne six assassinats politiques commis en Belgique fin des années 1980, dont celui du docteur Joseph Wybran.

Après 30 ans d’enquête

Le parquet fédéral avait requis le non-lieu, faute de preuves suffisantes, ainsi que la prescription. La chambre des mises en accusation l'a suivi sur un point seulement: les faits sont bel et bien prescrits, après 30 ans d'enquête.
La chambre des mises en accusation avait procédé à de nouveaux devoirs d'enquête en 2016, mais plus rien ne s'était produit ensuite dans ce dossier ces quatre dernières années.

Elle avait notamment ordonné la production de pièces issues de la Sûreté de l'État concernant Abdelkader Belliraj (photo), le principal suspect des assassinats, qui avait été un informateur de la Sûreté. Mais une partie des pièces, classées "secret", n'ont pas été produites. Or, selon Me Michèle Hirsch, avocate de la famille du Docteur Wybran, ces documents auraient aidé à comprendre le rôle qu'aurait joué le principal suspect en tant qu'agent de renseignements.

Belliraj détenu au Maroc

Abdelkader Belliraj avait avoué avoir commandité ces six assassinats politiques commis en Belgique en 1988 et 1989, notamment celui du recteur de la Grande mosquée de Bruxelles, Abdullah Al-Ahdal, et celui du docteur Joseph Wybran, professeur en médecine à l'ULB et président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB). Mais selon son avocat, Me Vincent Lurquin, ces aveux ont été formulés sous la torture dans une prison marocaine et n'ont donc pas valeur.
Abdelkader Belliraj est toujours actuellement détenu au Maroc, où il a été condamné à la perpétuité.
"Il est sûr que s'il y avait eu quelque charge à l'encontre de mon client on n'aurait pas attendu la prescription", a commenté jeudi soir Me Vincent Lurquin, rappelant que le procureur avait relevé l'insuffisance d'indices de culpabilité à l'encontre d'Abdelkader Belliraj.
"Mon client a été kidnappé, séquestré et torturé. Le procureur a également souligné ce risque que les aveux ont été faits sous la torture", a-t-il ajouté.

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