Bart De Wever après l’interruption d’une cérémonie dans une synagogue : "Le judiciaire tranchera"

La communauté juive d'Anvers a le sentiment d'être prise pour cible. Samedi soir, la police a interrompu un rassemblement dans une synagogue, fréquentée par 77 personnes. Le Forum des organisations juives conteste que les règles sanitaires aient été violées à cette occasion. "Le pouvoir judiciaire décidera sur le fond", a répondu le bourgmestre d’Anvers Bart De Wever (N-VA) via son porte-parole.

Samedi soir, la police a interrompu une cérémonie où se trouvaient 47 adultes et une trentaine d'enfants dans la synagogue de la Van Spangenstraat à Anvers. Selon l’arrêté ministériel, un maximum de quinze personnes peuvent assister à un service religieux. 

Le Forum des organisations juives nie que cette mesure ait été violée : les gens s'étaient rendus individuellement à la synagogue pour prier, tout le monde portait un masque et une distance suffisante était respectée.

Un certain nombre de personnes privilégient leur expérience individuelle au-dessus du collectif et de la solidarité
Annelies Verlinden (CD&V)

La ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), déplore qu'il y ait encore des gens qui ne respectent pas les mesures contre le coronavirus malgré les fortes amendes. "Un certain nombre de personnes privilégient leur expérience individuelle au-dessus du collectif et de la solidarité dont nous avons besoin. Il faut que cela cesse", a-t-elle déclaré dimanche midi sur VTM Nieuws.

"Je regrette que l'on cherche des interprétations à l'arrêté-ministériel. On sait très bien que l'on doit trouver un compromis entre d'une part la liberté de culte et la gestion de la crise sanitaire", a-t-elle dit. Elle a souligné qu'il existait des alternatives comme la diffusion en streaming des services des cultes. En se réunissant à plusieurs dans un endroit, "on met la sécurité de beaucoup de gens en danger".

Cela envoie un mauvais signal à l'opinion publique

Bart De Wever (N-VA)

De son côté, Bart De Wever a déclaré que le législateur n'avait nullement l'intention d'autoriser des réunions de ce type au vu de la situation épidémiologique. Il pense également que cela envoie un mauvais signal à l'opinion publique. 

"Au sein de diverses communautés religieuses, nous constatons qu'il existe des groupes de croyants, pour la plupart strictement orthodoxes, qui n'acceptent pas la restriction de la vie religieuse dans l’intérêt de la protection de la santé publique. Ces personnes ont le sentiment d'être prises pour cible, ce qui est totalement injustifié", dit-il par l'intermédiaire de son porte-parole. Le fait que cette réunion soit présentée comme "spontanée" est douteux. Le pouvoir judiciaire jugera sur le fond".

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