Première mondiale : vétérinaires et spécialistes de l’UZ Gent opèrent un chiot à coeur ouvert

La faculté de Sciences vétérinaires de l’Université de Gand (Flandre orientale) peut se féliciter d’avoir réussi une première mondiale en opérant le chiot Theo à cœur ouvert. L’intervention a été effectuée par une équipe de professeurs de l’hôpital universitaire de Gand et des vétérinaires. "Theo peut maintenant enfin se comporter comme doit le faire un chiot"', se réjouit la professeure et cardiologue Pascale Smets.

Theo est un berger des Shetland âgé de 5 mois qui est né avec une grosse anomalie cardiaque. Un important rétrécissement sous l’artère pulmonaire (sténose infundibulaire) et un trou entre les chambres cardiaques rendaient le chiot très vite fatigué et le ventricule droit de son cœur a commencé à présenter des déficiences. "Theo ne pouvait être sauvé que grâce à une opération à cœur ouvert avec l’aide d’un appareil de circulation extracorporelle", indiquait la professeure Pascale Smet, spécialiste en cardiologie à la faculté des Sciences vétérinaires.

Theo a été opéré le 2 décembre. L’intervention est extrêmement rare. "Il n’y a que quatre centres dans le monde qui ont déjà effectué ce type d’opération. Dans la littérature scientifique, nous n’avons retrouvé qu’une seule opération de ce genre, pendant laquelle un ballon a été placé. Elle a malheureusement échoué. Les spécialistes ont conseillé par la suite d’opérer à cœur ouvert via un appareil de circulation extracorporelle. L’opération de Theo est donc effectivement une première mondiale, à risque. Nous avions donc bien discuté avec sa maitresse, en expliquant qu’il y avait un risque que le chiot ne survive pas à l’opération".

Chirurgien cardiaque humain

Pascale Smet et son équipe ont reçu une aide inattendue de trois spécialistes. "Nous avons travaillé avec trois professeurs de l’UZ Gent. Il s’agit du chirurgien cardiaque Thierry Bové, du perfusionniste Filip De Somer et du cardio-anesthésiste Stefaan Bouchez. Cela a créé une belle symbiose de différentes disciplines. Même après l’opération, les professeurs restaient joignables pour des conseils. Nous les en remercions. Finalement, ce sont trois médecins, douze vétérinaires et une assistante de laboratoire qui ont collaboré pour mener à bien un défi innovateur", se réjouissait Pascale Smets.

L’opération pouvant échouer, il avait été nécessaire de rassembler auparavant une grande quantité de sang de chien. Theo a reçu l’aide de sa famille. "Le chien de la belle-sœur de la maitresse du chiot a donné du sang", explique le professeur Smets. A l’opération de plusieurs heures ont fait suite 48 heures très critiques, pendant lesquelles Theo a été surveillé en permanence. Entretemps, le berger des Shetland se porte très bien.

"Il y a deux semaines, nous avons fait un contrôle et tout avait l’air bien. Il peut enfin se comporter comme un chiot normal. Il adore jouer et est très curieux. Sa maitresse peut maintenant faire de longues promenades avec lui. Theo a ainsi pu passer un beau Noël avec sa famille".

L’opération rarissime sera décrite en détails par Pascale Smets et son équipe dans un article scientifique, qui pourra servir de fil conducteur à d’autres facultés dans le monde entier.

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