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Une éventuelle adaptation du programme de vaccination des Belges à l’étude

Le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke va soumettre à analyse médicale et juridique une éventuelle adaptation du programme belge de vaccination concernant le vaccin de Pfizer/BioNTech. C’est ce qu’il a indiqué ce lundi sur les ondes de Radio 1 (VRT). Interviewé dimanche soir dans le Journal télévisé de la VRT, le vaccinologue Pierre Van Damme avait parlé de cette nouvelle approche envisagée par le groupe d’experts qui dirige la campagne de vaccination dans le pays. Il s’agirait de suivre le modèle canadien, en n’administrant qu’une dose de vaccin à chaque citoyen, dans un premier temps, pour que davantage de personnes puissent être vaccinées plus rapidement.

Face à l'inquiétude générée par le dispersion du variant "britannique" du Sars-CoV-2, certains scientifiques estiment qu'il serait préférable d'administrer une seule dose du vaccin à un maximum de gens le plus rapidement possible, plutôt qu'en deux fois, comme prévu pour le moment. Selon eux, le vaccin de Pfizer/BioNTech, dont la disponibilité sera encore assez limitée en ce début d'année en Belgique, offre une protection suffisante à court terme, ce qui permet de reporter la seconde injection à plus tard. Pareil choix permettrait donc d'inoculer deux fois plus de personnes à brève échéance, font-ils valoir.

Interrogé lundi matin sur cette éventualité, le ministre Vandenbroucke a précisé qu'il n'y avait à ce stade pas de consensus scientifique à ce sujet. "J'ai demandé à notre taskforce en charge de la stratégie de vaccination d'étudier cela d'un point de vue médical", a-t-il commenté. 

Il a également chargé l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) d'analyser d'un point de vue juridique une éventuelle adaptation de la stratégie de vaccination, et sa compatibilité avec le cadre réglementaire européen en matière d'homologation des vaccins. "Imaginez que les médecins disent qu'il serait bien d'adapter le programme de vaccination. Que devrons-nous alors faire vis-à-vis de l'Union européenne qui, en la matière, fait autorité", a relevé Frank Vandenbroucke (photo). 

À l'inverse de l'analyse médicale qui va devoir éplucher quantités de documents scientifiques, l'étude juridique pourrait, elle, aller assez vite, a encore estimé le ministre de la Santé.

Van Laethem: "Une dose unique poserait d'importants problèmes"

Pour Yves Van Laethem (photo), porte-parole interfédéral Covid-19, "il y a des contraintes légale et éthique" qui pourraient poser "d'importants problèmes" à l'administration d'une dose unique de vaccin plutôt que deux doses, a-t-il souligné lors de la Conférence du Centre de crise ce lundi.

"Il serait intéressant de connaître l'impact en santé publique de n'administrer qu'une dose unique avec une protection moindre mais avec une couverture plus importante", a précisé Van Laethem, mentionnant au passage que la protection au Covid-19 semble être effective dès le 8e ou 10e jour après vaccination selon certaines études. 

"Mais il y a des contraintes légale et éthique. D'un point de vue éthique, on ne connaît pas l'impact d'un schéma à une dose, surtout chez les personnes âgées. D'autre part, le schéma qui a été approuvé par les autorités de régulation prévoit deux doses." Sortir du schéma poserait "d'importantes questions, si pas d'importants problèmes", a conclu Yves Van Laethem.

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