fotografie peter Hilz (C)

Les concentrations de dioxyde d'azote ont nettement diminué en 2020

Les concentrations de dioxyde d'azote enregistrées cette année étaient nettement inférieures à celles observées les années précédentes, ce qui coïncide avec la diminution considérable du trafic automobile liée aux mesures prises pour enrayer la propagation du coronavirus. Les concentrations de particules fines ont également baissé, contrairement aux concentrations d'ozone qui ont augmenté. C’est ce que révèle le bilan provisoire de la qualité de l'air réalisé par la Cellule interrégionale de l'environnement (Celine).

Le dioxyde d'azote (NO2) est un polluant typique lié à la circulation routière. Une analyse de l'impact des mesures prises lors du premier confinement avait déjà révélé qu'elles avaient entraîné une baisse significative des concentrations de NO2 dans les lieux habituellement très fréquentés, en raison de la réduction du trafic automobile (essentiellement diesel). 

Le deuxième confinement semble avoir eu le même effet. "En 2020, pour la première fois, aucune station belge de surveillance automatique de la qualité de l'air n'a dépassé la valeur limite européenne, qui est également la valeur conseillée par l'Organisation mondiale de la santé", souligne la Cellule interrégionale de l'environnement. Cette limite annuelle européenne - qui est de 40 microgrammes par mètre cube d'air (µg/m³) - a été dépassée sur trois sites de mesure l'année dernière (deux à Bruxelles et un à Anvers). 

Les concentrations de particules fines ont été moins affectées par les mesures de restriction, car l'industrie, les ménages et l'agriculture sont également des sources importantes de particules. Néanmoins, la diminution des concentrations moyennes annuelles de particules en 2019 s'est poursuivie en 2020. Les valeurs limites européennes ont été respectées sur tous les sites de mesure, tandis que la valeur limite journalière européenne a été respectée pour la septième année consécutive en Flandre et à Bruxelles et pour la sixième année consécutive en Wallonie. "Les lignes directrices plus strictes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), notamment les valeurs limites journalières recommandées, demeurent dépassées dans la plupart des endroits en Belgique", nuance néanmoins la Cellule.

Dépassement pour les concentrations d’ozone

En ce qui concerne l'ozone (O3), le nombre de jours où le seuil européen d'information de 180 µg/m³ a été dépassé a été plus élevé. Au total, il y a eu 12 "jours d'ozone" en 2020, observés en juin, juillet et août, contre 9 en 2019. Le seuil d'alerte de 240 µg/m³ a été dépassé une seule journée dans deux sites de mesure. "L'été 2020 a été chaud et sec, avec une vague de chaleur prolongée en août et neuf jours tropicaux", a rappelé le rapport.

"Au cours des dernières décennies, le nombre de jours où des dépassements sont observés et l'intensité des pics d'ozone ont diminué pour des conditions météorologiques comparables (voire pires)", a souligné Celine. "Cela s'explique par la diminution, à l'échelle européenne, des émissions d'oxydes d'azote (NOx) et de composés organiques volatils (COV) lors de la même période. Par exemple, au cours des étés très chauds 2003 et 2006, on avait enregistré respectivement 16 et 22 jours de dépassement."

pbombaert@skynet.be

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