De gros foyers de coronavirus à Duffel, Lierre et Wuustwezel inquiètent

Plusieurs foyers de coronavirus ont été détectés ces derniers jours dans trois communes de Campine anversoise - à savoir Lierre, Duffel et Wuustwezel -, ce qui suscite l'inquiétude, notamment de spécialistes. Le microbiologiste Herman Goossens (photo) s’exprimait dimanche à ce sujet dans les pages du journal De Tijd. Selon lui, il faut poursuivre les analyses afin de savoir si la variante du virus détectée - qui circule déjà en Europe depuis mars - est en effet plus contagieuse que d'habitude et si elle peut avoir été responsable de la vague de contaminations dans une maison de repos de Mol, peu après une fête de Saint-Nicolas. Quelque 26 personnes contaminées y sont déjà décédées.

"Jusqu’à présent, nous avions été épargnés de gros foyers de contamination au coronavirus. Mais tout récemment, il est apparu que les infections montaient en flèche dans trois maisons de repos à Lierre. Et ces contaminations sont apparemment aussi plus lourdes", indiquait Frank Boogaerts, le bourgmestre de Lierre. 

Dieter Wouters, bourgmestre de Wuustwezel, parle de son côté d’une augmentation anormale de 60% du nombre de contaminations dans sa commune, en l’espace de 7 jours. "Il n’y a pas d’explication. Les gens n’ont pas fêté Noël autrement ici qu’ailleurs. Elles ne passent pas davantage la frontière qu’auparavant. Nous n’avons donc pas d’explication. Les infections se situent dans la sphère familiale, mais il n’y a pas de liens entre les différents foyers. Une éventuelle variante du coronavirus pourrait en être l’explication", précise Dieter Wouters. 

À Duffel et Lier, il s'agit principalement de foyers dans des maisons de repos, tandis qu'à Wuustwezel, on constate effectivement plutôt des contaminations dans des cercles familiaux. Dans les échantillons prélevés dans la région, la variante D614 G a été trouvée et elle pourrait rendre le virus plus contagieux. 

"Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives", estimait le microbiologiste Herman Goossens, professeur de l’Université d’Anvers, interrogé par le quotidien De Tijd. Il confirmait à la VRT un nombre "explosif" de contaminations dans plusieurs maisons de repos et se dit inquiet. "Mais il y a deux semaines, un article a été publié dans la revue scientifique 'Science' sur cette mutation spécifique, avec la conclusion qu'elle provoque une plus grande contagiosité. Cette conclusion, cependant, était basée sur des expériences en laboratoire" avec des hamsters.

Davantage de recherche nécessaire

A Mol, où il y a eu une épidémie de cas dans la maison de repos Hemelrijk, potentiellement liée à la visite de Saint-Nicolas, on a également retrouvé cette mutation D614 G. Il ne s'agit toutefois pas de la variante la plus contagieuse que l'on trouve au Royaume-Uni, souligne le professeur Goossens. "Cette variante D614 G n’est pas nouvelle. Elle est déjà apparue au début de 2020 et serait dominante depuis l’été dans le monde entier". 

"Dans les semaines à venir, nous allons faire beaucoup de recherches sur les séquences pour voir si la mutation D614 G est effectivement présente dans ces différentes épidémies en Campines. Pour la variante britannique, il y a beaucoup de preuves qu'elle est plus contagieuse. Pour celle-ci, beaucoup de recherches sont par contre encore nécessaires."

"Trop tôt pour parler de variante plus contagieuse" (Van Gucht)

Il est encore trop tôt pour affirmer que les foyers de coronavirus signalés dans les différentes communes de Campine ces derniers jours ont été causés par une variante du virus plus contagieuse, relativisait ce lundi le virologue et porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19, Steven Van Gucht (photo).

Le spécialiste précise que la variante du virus contenant la mutation D614 G est en réalité le "virus observé depuis des mois en Belgique". "Il s'agit du virus premièrement apparu de Chine qui s'est ensuite propagé en Europe depuis l'Italie et est devenu la souche dominante", souligne le virologue. 

Steven Van Gucht  prévient qu'il y a pour l'instant encore trop peu d'informations pour parler d'une variante plus contagieuse. L'analyse des séquences d'ADN devrait permettre de déterminer de quelle variante il est question. "En tout cas, il ne s'agit pas de la variante britannique (B1.1.7)", précise Van Gucht. "Certains cas de cette variante ont bien été signalés, mais ils ne sont pas liés au Royaume-Uni".

Danny Gys / Reporters

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