Le nombre de migrants en transit interceptés en Flandre occidentale a doublé en décembre

Le Brexit a entraîné une augmentation significative du nombre de migrants interpellés en province de Flandre occidentale, indiquait jeudi soir le gouverneur Carl Decaluwé sur base des chiffres annuels. En décembre 2020, le nombre de migrants a presque doublé par rapport à décembre 2019. La plupart ont été arrêtés dans et autour du port de Zeebrugge.

Le Brexit a suscité beaucoup d'inquiétude chez les migrants. Le manque de clarté a incité de nombreuses personnes à tenter à nouveau le passage vers l'autre côté de la Manche. Cela ressort également des chiffres annuels du nombre de migrants arrêtés. En décembre 2020, les policiers ont relevé 837 personnes interpellées, contre 457 en décembre 2019. 

La majorité, environ 66%, a été interceptée dans et autour du port de Zeebrugge. Le gouverneur de Flandre occidentale parle d'une augmentation exceptionnellement forte du nombre de migrants qui ont fait la traversée depuis la France et la Belgique vers le Royaume-Uni en bateau. "En 2019, c'était 1.844 personnes, alors qu'en 2020, nous voyons que 8.400 migrants sont allés au Royaume-Uni par bateau. La plupart d'entre eux partent de la France".

Sur l'ensemble de l'année, le nombre de migrants en 2020 restera stable par rapport à l'année précédente. L'année 2019 s'est terminée avec 6.067 migrants arrêtés, alors que ce nombre reste plus ou moins stable à 6.085 en 2020. Bien qu'en réalité cela indique probablement une augmentation, selon le gouverneur. "Le chiffre reste stable, mais il faut tenir compte du fait qu'il y a eu moins d'inspections cette année. C'est parce que les forces de police ont eu les mains pleines avec les mesures contre le Covid-19", explique Carl Decaluwé. 

Comme en 2019, la majorité des migrants interceptés en 2020 - soit environ 41% - venaient d'Algérie. La Libye et le Maroc suivent avec respectivement 13% et 12%. Le nombre de Syriens est passé à 5% en 2020.

Un trafiquant d'êtres humains remis à la Belgique

Dans le cadre d'une enquête pour trafic d'êtres humains, l'Allemagne a remis un Iranien de 31 ans à la Belgique, indiquait jeudi le parquet de Flandre occidentale. D'autres suspects avaient, dans la même affaire, été condamnés à des peines allant jusqu'à neuf ans de prison.

L'enquête avait commencé lorsque la police de la zone Westkust a intercepté, au mois de mai 2020, un véhicule immatriculé en Allemagne transportant un canot pneumatique, onze gilets de sauvetage, un moteur hors-bord, des rames ainsi que des bidons d'essence. Les deux occupants du véhicule, connus comme faisant partie d'un réseau de trafiquants d'êtres humains, ont été condamnés à huit et neuf ans de prisons. 

L'équipe de la police judiciaire fédérale de Flandre occidentale chargée du trafic de personnes a tenté d'identifier le reste de la bande de passeurs. Grâce à la coopération avec les services de police allemands, trois suspects ont été arrêtés le 20 octobre. Deux ont déjà été extradés le 27 novembre et sont toujours en détention préventive. Mercredi, le troisième suspect a également été extradé d'Allemagne à Bruges, où il a été placé sous mandat d'arrêt par le juge d'instruction. 

Le parquet note que les organisations de trafiquants d'êtres humains utilisent de plus en plus de bateaux gonflables pour faire passer clandestinement des migrants, principalement du nord de la France vers le Royaume-Uni. "Nous travaillons très intensément sur cette forme de trafic. Chaque fois que des appels d'urgence arrivent, tout le monde est sur le pont", indique le procureur Manuel Manderick. "L'intention est de continuer à s'attaquer à ces personnes qui fournissent les bateaux, en coopération avec nos collègues allemands".

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