© 2017 Annick vanderschelden

Un jeune conducteur sur sept consomme souvent du gaz hilarant avant de conduire

Un jeune conducteur belge (âgé de 18 à 34 ans) sur sept consomme régulièrement du gaz hilarant (ou protoxyde d'azote) avant de prendre le volant, indique une étude menée par l'institut de sécurité routière Vias. Si la substance ne peut être détectée par le biais d'un contrôle de drogues sur les routes, elle a cependant un impact important sur les capacités de conduite et la sécurité routière, avertissent Vias et le Centre Antipoison dans un communiqué. Son effet euphorisant de courte durée est assez comparable à celui résultant de la consommation d’alcool.

Six pour cent des conducteurs belges avouent prendre le volant au moins une fois par mois après avoir inhalé du gaz hilarant, une substance souvent considérée comme inoffensive et bon marché. Le problème est encore plus marqué chez les jeunes puisque 15% des conducteurs de moins de 34 ans consomment régulièrement cette substance avant de prendre la route, indique l'étude menée auprès d'un échantillon représentatif de 6.000 Belges par Vias et le Centre Antipoison. 

Le gaz hilarant, qui "connaît un intérêt considérable depuis quelques années", semble surtout avoir du succès auprès des jeunes Bruxellois: 15% des conducteurs avouent en consommer régulièrement, soit trois fois plus qu'en Flandre et en Wallonie. Globalement, les hommes (8%) conduisent deux fois plus sous l'effet du gaz hilarant que les femmes (4%). A Bruxelles, un jeune garçon sur trois (31%) déclare conduire sous l'influence de cette substance, soit 2,5 fois plus qu'en Wallonie (12%).

"L’utilisation peut être extrêmement dangereuse"

Selon l'enquête, 5% des personnes interrogées conduisent sous l'effet de gaz hilarant combiné à d'autres drogues. "Seul" un pour cent indique prendre uniquement du gaz hilarant. "Les accidents dus à la consommation de substances volatiles, comme le gaz hilarant, ne sont pas rares et peuvent être mortels", affirme le professeur Dominique Vandijck, directeur général adjoint du Centre Antipoison. "La combinaison avec d'autres stupéfiants tels que l'alcool, les tranquillisants ou d'autres drogues renforce l'effet et rend l'utilisation extrêmement dangereuse." 

En effet, un sentiment euphorique apparaît immédiatement après l'inhalation de gaz hilarant, souvent accompagné de fous rires et d'hallucinations. Des étourdissements, des nausées, une désorientation dans le temps et l'espace, une réactivité réduite et un sentiment général d'ivresse sont des symptômes courants. L'enivrement peut également se transformer en agressivité et entraîner de la confusion et de l'imprudence. 

Par ailleurs, si l'utilisateur respire trop de gaz hilarant et pas assez d'air, son cerveau manque d'oxygène, ce qui peut entraîner une perte de conscience, un coma, voire la mort.

Les plus consultés