Belgique et Royaume-Uni échangent leurs données ADN: percée éventuelle pour 4 meurtres non élucidés

Depuis le 21 décembre dernier, la Belgique échange de façon automatique ses données ADN avec le Royaume-Uni, en matière de recherche judiciaire. Les banques de données des deux pays ont été connectées pour la première fois. "La banque de données britannique est énorme"', indique Bieke Vanhooydonck de l’Institut national pour la Criminalistique et la Criminologie. "On y trouve 5 millions d’échantillons d’ADN connu". Depuis lors, 312 suspects belges ont été identifiés outre-Manche et une percée pourrait être réalisée dans quatre dossiers de meurtres.

La banque de données ADN belge contient, elle, 61.000 échantillons. Ces derniers ont été prélevés ces dernières années sur les lieux de délits dans tout le pays. "Il s’agit par exemple de sperme et de salive trouvés dans une chambre où un viol a été commis. Ou de sang qui a coulé lors d’un crime. Ces échantillons sont stockés", explique Bieke Vanhooydonck, experte judiciaire à l’Institut national de Criminalistique et de Criminologie. Elle est responsable pour la gestion de la banque de données ADN. 

"Mais environ 30.000 des 61.000 échantillons sont totalement inconnus", poursuit Vanhooydonck. "Nous ne savons pas à qui ils se rapportent. Ce qui fait que des dossiers dans lesquels l’ADN joue un rôle majeur ne peuvent souvent pas être élucidés". Les autres 30.000 échantillons ont par contre déjà pu être liés à des Belges, qui ont par exemple été condamnés par le passé. 

Il y a quelques semaines, juste avant Noël, la banque de données ADN belge a pu se connecter à son homologue britannique. "Des échantillons inconnus en Belgique ont ainsi pu être vérifiés sur base des listes britanniques, et inversement", précise Vanhooydonck. Depuis la mise en connexion des banques de données, ce sont très exactement 2.180 correspondances qui ont été obtenues. 

"Dans environ 16 % des 2.180 correspondances obtenues - soit 312 -, un profil génétique de traces non identifié a pu être associé à une personne connue des autorités anglaises, enregistrée dans leur banque de données", précise le cabinet du ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (photo).

Foto Kurt

Quatre meurtres bientôt élucidés ?

La majorité de ces correspondances qui permettent de mettre un nom de suspect sur une trace belge concernent des cambriolages (223 correspondances). Viennent ensuite les vols avec violence, les associations de malfaiteurs, les faits de mœurs et les stupéfiants.

Par ailleurs, quatre traces belges relevées dans le cadre d'un meurtre ont trouvé une correspondance avec un individu déjà fiché dans la banque de données britannique. "Ces correspondances ont été rapportées aux magistrats titulaires des dossiers belges", précise le cabinet du ministre de la Justice.
 

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