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La commissaire aux droits de l’enfant et le GEMS réclament une attention accrue aux jeunes

Après avoir été stigmatisés et tenus en partie responsables pour le début de la deuxième vague de coronavirus, les jeunes trouvent aujourd'hui des voix pour les défendre. La commissaire aux droits de l’enfant en Flandre, Caroline Vrijens, appelle ainsi, dans une lettre ouverte, le Comité de concertation à considérer les jeunes comme un groupe à risque. Le groupe d’experts accompagnant la gestion de la crise conseille également aux autorités en Belgique d’apporter plus d’attention aux jeunes.

"Donnez-leur la priorité dès que des assouplissements seront possibles. Les jeunes sont un groupe à risque, certainement du point de vue de la santé mentale. Ils sont forts mais ont des besoins propres qui sont aujourd'hui mis fortement sous pression", écrit notamment Caroline Vrijens (photo). 

Durant cette crise, on insiste trop sur les règles et le retard scolaire à rattraper. Or, "les jeunes ont besoin de reconnaissance. Il est totalement injuste de les pointer du doigt pour ce qu'ils ne font pas bien sans tenir compte des efforts qu'ils fournissent. Ils sont traités comme des adultes alors qu'ils ont d'autres besoins. Ils doivent tout comprendre et suivre sans contester, malgré leurs propres besoins et leur cerveau en plein développement", souligne encore la commissaire flamande aux droits de l’enfant, en plaidant pour que des solutions créatives soient trouvées.

"Sur le terrain, tout le monde voit à quel point c'est urgent", ajoute-t-elle. Sera-t-elle entendue? Vendredi matin, le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet a en tout cas assuré qu'il mettrait sur la table des discussions la reprise du sport pour les plus de 12 ans - interdit depuis la fin du mois d'octobre - et la réouverture des auditoires pour les étudiants du supérieur. "L'extrême prudence ne peut pas entraîner le sacrifice de la jeunesse" à qui il faut offrir des perspectives, a-t-il assuré sur LN24.

Le GEMS demande des aides accrues pour les jeunes

Dans son avis pour le Comité de concertation, qui se réunissait ce vendredi, le Groupe d’experts qui accompagne la gestion de la crise sanitaire (GEMS) estime qu’il est particulièrement important que les autorités reconnaissent explicitement que les jeunes vivent une période particulièrement difficile, surtout pendant le confinement. Il demande une aide financière accrue pour que les universités et écoles supérieures puissent engager temporairement des psychologues et travailleurs sociaux supplémentaires.

Il demande aussi une aide financière plus conséquente pour les étudiants-mêmes. Notamment pour ceux qui ont perdu leur job étudiant en raison de la crise sanitaire. Un autre conseil du GEMS a déjà été cité par le ministre flamand de l’Enseignement, à savoir permettre aux jeunes de former une bulle sociale qui ne soit pas celle de leur famille, mais par exemple avec des étudiants avec lesquels ils partagent un logement. 

Les experts estiment aussi que les jeunes doivent être considérés en priorité pour des assouplissements des mesures de prévention. Ils proposent notamment le retour aux cours en présentiel à l’école pour les élèves du 2e degré secondaire (3e et 4e années) ou la réouverture d’un nombre limité d’activités extra-scolaires pour les enfants de plus de 12 ans.

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