"Si Pfizer ne livre pas les doses de vaccin prévues, nous aurons un sérieux problème en février"

Selon Dirk Ramaekers, chef de la Taskforce vaccination, nous nous sommes réjouis trop vite. Après trois semaines de campagne de vaccination, Pfizer annonce ne pas pouvoir fournir ce qui avait été convenu et qu’il faudra attendre début février pour que l'approvisionnement (promis) reprenne. Si jamais cela ne se produit pas, le pire des scénarios se dessine, par ailleurs la firme AstraZeneca annonce, de son côté, que les premières livraisons seront plus limitées que prévu. La VRT a pu consulter les chiffres et les prévisions. "Si Pfizer ne respecte pas l'accord conclu, nous aurons des problèmes dans les maisons de repos", estime Dirk Ramaekers.

Il y a deux semaines, une légère forme d'euphorie avait frappé nos dirigeants. La Belgique serait en mesure d'administrer plus de vaccins que nous l'avions espéré au départ et peut-être, (c’est ce que certains espéraient toutefois) la campagne de vaccination pourrait même être terminée au début de l'été. Le gouvernement fédéral avait demandé aux régions - et notamment à la Flandre, dont le démarrage était lent - d'accélérer sa vaccination.

Alors que d'autres pays vaccinaient leurs citoyens par dizaines et centaines de milliers, les choses avaient à peine bougé en Belgique, et certainement en Flandre. Au cours de la première semaine de vaccination en janvier, à peine 7 600 personnes avaient été vaccinées dans les maisons de repos, en Flandre.
 

Ne pas nous réjouir trop vite

Mais joie suscitée par les doses supplémentaires aura été de courte durée, mais compréhensible : enfin une bonne nouvelle, après une longue et sombre période. Et ce d'autant plus qu'il s'est avéré que l'on pouvait obtenir six doses au lieu de cinq à partir d'un flacon de vaccin Pfizer.

Mais nous le savons maintenant : les gouvernements de ce pays ont été trop prompts à se réjouir. Pfizer n'a pas été à la hauteur des attentes. Ou plutôt : l'entreprise ne l’a pas voulu, du moins à court terme. Elle a choisi d'augmenter d'abord la capacité de production de l'usine de Puurs, en disant que d'autres vaccins seront disponibles par la suite. Au lieu des 1,3 milliard prévus, Pfizer veut en produire 2 milliards cette année. Mais pour l'instant, nous devrons nous contenter de moins.

Peut-être nos hommes politiques auraient-ils pu le prévoir : Pfizer est une entreprise pharmaceutique, et non une organisation caritative, qui accepterait de fournir six doses dans un flacon alors qu'en fait, seules cinq ont été payées ? Contractuellement, elle a le droit de le faire : l'accord que la Commission européenne a conclu avec Pfizer au nom des États membres fait en effet référence au nombre de doses délivrées, et non au nombre de flacons livrés - c'est ce que montrent les enquêtes menées auprès de la Commission européenne.

(Selon certaines sources au sein du gouvernement flamand, il s’agira-là d’une tactique de diversion : Pfizer insisterait beaucoup sur cette sixième dose supplémentaire afin d'éviter les problèmes juridiques liés à la réduction du nombre de livraisons, conséquence des ajustements de l'usine de Puurs).
 

Le problème va se poser au moment de la deuxième injection

Un premier problème s’est déjà posé lorsque la vaccination du personnel hospitalier a dû être reportée, la plupart des doses disponibles seront destinées aux maisons de repos.

Mais dans quelques semaines, ce problème pourrait devenir encore plus important, lorsque de nombreux résidents et employés des maisons de repos devront recevoir la deuxième dose de vaccin.

À ce moment-là, la demande atteindra un pic énorme : un grand nombre de personnes auront besoin d'une deuxième injection - trois semaines après la première. Plus de personnes que les doses de Pfizer : 125 000 contre 98 280. (voir graphique ci-dessous).

Dirk Ramaekers, chef de la task force "vaccination" estime que si la Flandre avait utilisé tous ses vaccins au cours de la première semaine du 4 janvier, nous aurions déjà dû arrêter la campagne. Comme cela s'est produit dans un certain nombre d'États allemands. Et si Pfizer ne livre pas ce qui a été convenu en février, nous aurons de sérieux problèmes dans les maisons de repos".

Si cela se produit, à partir de la deuxième semaine de février, un groupe de personnes dans les maisons de repos ne pourront même pas avoir leur première injection, et la campagne devra s'arrêter. Dans le pire des cas, il n'y aura même pas assez de vaccins pour une deuxième injection, ce qui rendra la première sans valeur et remettra même toute l'opération à plus tard.

AstraZeneca annonce que les premières livraisons seront plus limitées que prévu

Par ailleurs, la firme pharmaceutique AstraZeneca a informé la Commission européenne qu'elle ne sera pas en mesure, après l'approbation de son vaccin contre le coronavirus par l'EMA (Agence européenne des médicaments), de livrer dans un premier temps la quantité de doses qui en était attendue. L'information est relayée vendredi par l'agence Reuters, et par le journal allemand Bild, et a été confirmée à l'agence Belga.

AstraZeneca ne précise pas quelle était la quantité qui devait initialement être livrée, mais indique que les "volumes initiaux seront plus limités qu'anticipé à l'origine, à cause de rendements réduits à un site de fabrication au sein de la chaîne d'approvisionnement européenne" de l'entreprise, écrit Reuters. L'UE a précommandé 300 millions de doses de ce vaccin avec une option pour 100 millions supplémentaires. La Belgique attend une part de 7,5 millions de doses.
 

Les plus consultés