Les villes de Turnhout et de Maasmechelen redoutent une contagion des émeutes aux Pays-Bas

Des messages circulent sur les réseaux sociaux appelant à un rassemblement sur la Grand-Place de Turnhout (Anvers) samedi et à exprimer sa colère. Ces derniers jours, des émeutes ont eu lieu en divers endroits des Pays-Bas pour protester contre le couvre-feu et les mesures sanitaires. Turnhout est en état d'alerte car la ville n'est pas loin de la frontière néerlandaise. "La police se prépare", a déclaré le bourgmestre de Turnhout, Paul Van Miert (N-VA), sur Radio 2 Antwerpen.

"Samedi 30 janvier, 18 heures, rassemblement sur la Grand-Place de Turnhout", peut-on lire dans le message diffusé sur les réseaux sociaux. "Venez habillés en noir, nous allons tout chambouler à Turnhout . Apportez des feux d'artifice, etc."
Le bourgmestre de la ville, Paul Van Miert (N-VA) a été informé de ce message pour la première fois dimanche. "Nous avons immédiatement commencé à enquêter. Mais il n'est pas évident de savoir qui est derrière tout ça, car ce sont des captures d'écran qui sont partagées à chaque fois. Mais nous prenons cette menace très au sérieux car nous sommes proches de la frontière néerlandaise. Nous sommes en train d'examiner comment nous pouvons agir avec la police et s'il faut interdire tous les rassemblements".
 

Commencer à protester maintenant à Turnhout contre les mesures sanitaire, me semble étonnant. Je pense qu'il pourrait y avoir autre chose là derrière.

Ces derniers jours, des émeutes et des actes de vandalisme ont eu lieu à plusieurs endroits aux Pays-Bas pour protester contre le couvre-feu qui y est en vigueur à partir de 21 heures. La formulation de l'appel qui circule actuellement ("op ze kanker kop zetten" : chambouler leur tête de cancer) laisse penser que le message pourrait venir des Pays-Bas ? 

"L'enquête est toujours en cours et nous gardons toutes les options ouvertes, mais il se peut que ce soient des gens qui veulent déclencher des émeutes chez nous. Ici, nous n'avons pas de couvre-feu strict comme aux Pays-Bas. Nos citoyens de Turnhout ont eu un comportement exemplaire durant la période de fin d'année. Commencer à protester maintenant à Turnhout contre les mesures sanitaire, me semble étonnant. Je pense qu'il pourrait y a autre chose là derrière".

Garder son calme

Plusieurs villes des Pays-Bas ont été le théâtre d'émeutes lundi, pour la deuxième nuit consécutive, après l'imposition ce week-end d'un couvre-feu afin de lutter contre la pandémie. La nuit dernière la situation a dégénérée. Des vitres d’un hôpital ont été brisées et même un centre de test a été incendié. "Il est très important que nous maintenions la paix", déclare le bourgmestre Paul Van Miert. "Mais nous devons aussi être prêts et nous le faisons pleinement. Nous n'allons pas fermer les frontières. Mais nous allons déployer une police supplémentaire dans le centre de Turnhout et nous tenir prêts à faire appel à des renforts si nécessaire".

A Maasmechelen aussi

À Maasmechelen, dans le Limbourg, un appel similaire a circulé sur les réseaux sociaux pour agir ce week-end contre les mesures sanitaires. Les émeutes de ces deux derniers jours aux Pays-Bas ont sans doute inspiré des jeunes de Maasmechelen. Le bourgmestre de la ville frontalière regrette qu'il y ait des appels aux émeutes. "Tant de jeunes à Maasmechelen ont fait un excellent travail pour respecter les règles", déclare Raf Terwingen (CD&V). "Mais il y en a à présent qui appellent à l'émeute".

La police a depuis identifié qui sont ces jeunes. "Nous allons avoir une conversation avec eux et avec leurs parents, et nous allons tenter de les raisonner", a déclaré le bourgmestre "Nous essayons ainsi de maintenir la paix, car il y a tant de jeunes qui respectent toutes les mesures, parfois avec beaucoup d'efforts. Nous devons donc absolument continuer à les soutenir".
 

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