Ben Weyts espère revoir les étudiants sur les campus après Pâques

Le ministre flamand de l'Enseignement Ben Weyts (N-VA) a indiqué jeudi au Parlement régional avoir pour objectif de revoir à nouveau des étudiants sur les campus des universités et écoles supérieures après les vacances de Pâques. Le recteur de l’Université d’Anvers, Herman Van Goethem, demande d’ailleurs au gouvernement flamand de penser aux étudiants dès que des assouplissements seront possibles. Il indique que son université a vu augmenter de 60% le nombre de demandes d’étudiants pour une aide financière, mais aussi une aide psycho-sociale ou tout simplement du soutien. "Les étudiants forment un groupe à part, qui a besoin d’une attention particulière", souligne Van Goethem.

Dans l'enseignement supérieur, les cours à distance sont actuellement la norme et un maximum de 10% de la capacité des campus peut être utilisée, en raison des mesures sanitaires visant à ralentir la propagation du Covid-19. "Je pense que nous devrions pouvoir dire que nous pourrons nous revoir sur les campus durant cette année académique", a indiqué Ben Weyts (photo), évoquant la rentrée après les vacances de Pâques.

"C'est ce que nous visons", a affirmé jeudi le ministre flamand de l’Enseignement, en réponse à une question parlementaire du député CD&V Brecht Warnez. Ben Weyts a ajouté avoir déjà testé l'idée auprès de virologues, qui se seraient montrés réticents à répondre.

Le ministre a également dit réfléchir à la mise en place de "bulles de kot" (logement étudiant). "Les mesures actuelles sont plutôt basées sur le ménage traditionnel. On a peu tenu compte des étudiants en kot ou des adolescents en internat. Nous savons que le coronavirus a un fort impact psychologique, notamment en raison de l'isolement et de la solitude. C'est pourquoi nous aimerions adapter les règles pour les étudiants et pouvoir leur offrir une perspective positive."

"Les étudiants demandent davantage d’aide", constate Van Goethem

L’Université d’Anvers reçoit 60% de demandes d’aide financière supplémentaires de la part d’étudiants, indiquait son recteur Herman Van Goethem (photo) à la VRT. Un nombre croissant d’étudiants frappent aussi à la porte pour de l’aide psychosociale ou tout simplement un soutien. Ce sont avant tout les étudiants de première année qui souffrent de la situation sanitaire. Le recteur demande donc aux autorités de penser aussi davantage à ce groupe de citoyens.

Herman Van Goethem souligne qu’il est très difficile pour les jeunes de ne pouvoir participer à la vie estudiantine, de ne pas bénéficier du réseau social sur le campus, mais aussi de ne pas pouvoir travailler et financer ainsi leur logement étudiant ("kot"). Les demandes d’aide financière ont donc augmenté de 60%.

Les étudiants ont également besoin d’autres types d’aide, précise le recteur de l’UA. "Les agendas de nos collaborateurs du service psychosocial sont pleins. Ils accompagnent en effet davantage d’étudiants. Certainement ceux de première année, qui ne connaissent pas beaucoup de monde. Lors d’une session de chat avec des étudiants en droit, j’ai demandé à une étudiante combien d’autres étudiants elle connait. Elle m’a répondu "trois". C’est tragique. Lors des cours, ils portent des masques et ne se reconnaitront donc plus après cette période".

D’après le recteur anversois, les étudiants de la communauté LGBTQ éprouvent des difficultés encore accrues. Si leur situation à la maison n’est pas stable, ils pouvaient souvent en parler aux étudiants avec lesquels ils partagent un logement, mais cette possibilité-là s’est aussi évaporée. Les spécialistes estiment qu’un cinquième des étudiants vivent une situation de stress à la maison.

"Les étudiants doivent être un groupe prioritaire pour les autorités, parce qu’ils vivent une période particulière de leur vie. Et si nous pouvons assouplir au sein de l’université, nous donneront la priorité aux étudiants de première année", conclut Van Goethem.

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