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Lettre ouverte: "Ne devrions-nous pas céder notre place aux jeunes ? "

Une quarantaine de Belges - dont notamment Heidi De Pauw, directrice de Child Focus, le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw, Chokri Mahassine, organisateur du festival Pukkelpop ou encore le nageur et vice-champion olympique du 100m nage libre Pieter Timmers - s'inquiètent dans une lettre ouverte des signaux d'alarme lancés par les jeunes de 18 à 24 ans. Ces derniers supportent de moins en moins bien les restrictions imposées par les mesures de lutte contre la pandémie de coronavirus. Les signataires estiment qu'il faut reconnaître les jeunes comme un groupe essentiel de notre société et leur donner la priorité lors d’assouplissements des mesures et pour la vaccination.

"Non seulement le bien-être mental des jeunes adultes est en jeu, mais d'autres problèmes apparaissent également: des jeunes qui cessent d'étudier parce qu'ils n'en ont plus les moyens financiers, leur job d'étudiant étant suspendu. Ou encore les jeunes qui font leurs premiers pas sur le marché du travail et qui n'obtiennent pas de contrat à durée indéterminée ou qui sont au chômage depuis plusieurs mois", dit la lettre.

"Nous ne pouvons plus ignorer ces signaux. Jeunes gens, nous entendons votre appel au secours. Il est temps de mettre ces paroles en pratique". "C'est pourquoi, dans cette lettre ouverte, nous (parents et autres adultes concernés) voulons faire un pas de côté. Parce que nous avons déjà beaucoup pu profiter de la vie : voyages, restaurants, concerts, bars... C'est différent pour les jeunes. Ils ne rattraperont jamais vraiment le temps perdu", analysent les signataires.

"Alors que nous pensons à des assouplissements aujourd'hui, pourquoi ne pas penser d'abord à nos jeunes, y compris ceux de 18 ans et plus, et à la façon dont ils peuvent déjà avoir un peu plus de liberté ? Par exemple, en se réunissant plus souvent, en allant de nouveau à l'auditoire, en étant présent lors de petits événements après avoir effectué un test rapide, ou simplement en pouvant faire plus de sport, marcher, ou simplement traîner sur les terrains de basket-ball ou dans les skate-parks, ... sans crainte d'une amende".

"Et puis il y a les vaccinations. Il nous semble logique que les personnes âgées, les plus vulnérables et les personnes ayant un travail essentiel soient vaccinées en premier. Mais pourquoi ne pas donner la priorité aux jeunes entre 18 et 24 ans après eux? ", proposent encore les signataires de la lettre ouverte. "Nous vous comprenons, vous les jeunes. Et tout comme vous renoncez à votre place dans le bus pour les personnes âgées, nous sommes maintenant prêts à renoncer à notre place pour vous".

"Ce n’est pas une lutte entre générations"

La directrice de la Fondation Child Focus, Heidi De Pauw (photo), souligne qu’il ne s’agit pas de mettre des générations en compétition pour le vaccin. "Mais nous ne sommes pas en mesure en Belgique de vacciner tout le monde en même temps. Et s’il faut faire des choix, nous estimons que les jeunes méritent d’avoir la priorité. C’est un choix positif, pas un choix contre qui que ce soit".

Même une fois vaccinés, les jeunes comme les autres citoyens devront continuer à respecter toutes les règles de prévention, parce qu’il n’est pas certain que le vaccin puisse empêcher des contaminations. "Notre appel est donc avant tout symbolique. Mais nous apprenons aussi que certains pays envisagent d’accorder cet été des assouplissements aux personnes qui seront vaccinées. Certaines compagnies aériennes seraient aussi prêtes à le faire. Si c’est le cas, nous pourrions donner la priorité aux jeunes, afin qu’ils puissent plus rapidement en profiter".

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