Suspicion de malversations financières à l’académie de danse Let’s Go Urban

La ville d'Anvers a ouvert une enquête sur l'utilisation des subsides accordées à l’académie Let's Go Urban de la parlementaire flamande Sihame El Kaouakibi (Open VLD). Son projet a bénéficié de plusieurs centaines de milliers d'euros de subventions, et la ville veut savoir si celles-ci ont été utilisées correctement. Cette mesure fait suite à l’annonce de la démission de trois membres du conseil d'administration de l'asbl pour manque de transparence. Par ailleurs le tribunal de commerce d’Anvers a désigné un administrateur provisoire. On soupçonne des irrégularités financières.

Let’s Go Urban Academy est un projet pour la jeunesse urbaine d’Anvers qui propose des activités parascolaires sur différents thèmes et notamment de la danse. Le conseil de la ville d'Anvers déclare avoir "pris note" qu'une enquête avait été ouverte sur d'éventuelles irrégularités financières. Le cabinet de l'échevine de la jeunesse Jinnih Beels (SP.A) nous informe que la ville va de son côté mener une enquête "sur l'utilisation correcte des subsides accordés par la ville".

Ces dernières années, la ville a soutenu Let's Go Urban en lui versant plusieurs centaines de milliers d'euros. Des montants entre 150.000 et 250.000 euros ont même été accordés à l'ASBL, et en 2017 et 2018 respectivement 800.000 et 600.000 euros de subventions d'investissement, pour un bâtiment sur le Kiel à Anvers. Il faudra maintenant enquêter pour savoir si cet argent a été utilisé pour l'association sans but lucratif elle-même ou pour financer d'autres sociétés appartenant à Sihame El Kaouakibi.

Démission de trois administrateurs

C’est la démission de trois administrateurs de l'asbl qui a mis le feu aux poudres. Dans leur lettre de démission, ils écrivent qu'"en tant que directeurs, il leur a été impossible de remplir un rôle de supervision. En outre, la confiance dans les autres directeurs a été tellement ébranlée que toute coopération ultérieure leur est impossible et ce par manque de transparence.

Let’s Go Urban a été lancé par Sihame El Kaouakibi, une personnalité élue Anversoise de l’année en 2012 et qui siège au Parlement flamand pour l'Open VLD depuis 2019. Après les trois démissions, le juge du tribunal de commerce d'Anvers a nommé un administrateur provisoire. Il surveillera les opérations quotidiennes pendant les trois prochains mois et assurera en même temps le suivi d'une enquête sur les flux d'argent. Entre-temps, un audit externe a déjà été réalisé.
 

Suffisamment de questions

Selon Frank Vennekens, magistrat de presse au tribunal d'Anvers, il y a eu une requête unilatérale des trois administrateurs indépendants. Il dit qu'une enquête est en cours pour déterminer s'il y a bien eu des "malversations financières". Selon lui, leur lettre soulève suffisamment de questions pour qu'un administrateur temporaire soit nommé, qui devra enquêter pour déterminer s'il y a effectivement des irrégularités.

Let's Go Urban a connu un grand succès ces dernières années : Sihame El Kaouakibi et son académie ont proposé des programmes de formation aux jeunes et aux enfants. Avec des projets sur la danse, le sport et le multimédia, elle touche environ 1 000 jeunes chaque semaine.

Mais Let's go Urban n'est qu'un de ses projets. Jusqu'à récemment, elle était également responsable de Wannawork, qui met en contact les entreprises et les jeunes et vise à une plus grande diversité sur le lieu de travail. Hier, il a été annoncé que Wannawork fera partie de l'agence de travail temporaire Vivaldis Interim. De 2015 à 2018, elle a également été membre du conseil d’administration de la VRT.

Présomption d’innocence

L'Open VLD réagit avec prudence pour l'instant. Le parti estime qu’il faut tenir compte de la présomption d'innocence et n'agira que lorsqu'il y aura des faits. Mais si cela devait être confirmé Sihame El Kaouakibi pourrait comparaître devant la commission statutaire du parti.

De son côté la principale intéressée a déclaré que la nomination d'un administrateur provisoire la surprenait. Elle parle d'une "tentative de liquidation par certains opposants qui tentent de la déstabiliser depuis un certain temps".
El Kaouakibi affirme qu'elle a elle-même demandé un audit, "afin de démontrer son honnêteté. La démarche actuelle montre que le rôle de Let's Go Urban n'est pas mis en avant. Or, je ne peux pas accepter cela".
 

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