Le jugement anversois peut-il avoir des conséquences pour le professeur Djalali, condamné à mort en Iran ?

Le jugement dans l'affaire du diplomate iranien risque-t-il d'avoir des conséquences sur le sort d'Ahmadreza Djalali, le professeur invité à la VUB qui a été condamné à mort en Iran. Téhéran a déjà dénoncé "fermement" jeudi la condamnation de son diplomate à 20 ans de prison par le tribunal correctionnel d'Anvers. De son côté l’Union européenne va analyser les implications de ce jugement. Selon le ministre belge de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD), l'affaire de terrorisme et le sort de Djalali sont deux choses distinctes : "La justice devrait pouvoir prendre sa décision et cela n'est pas lié au sort du professeur Djalali".

Les peines sévères prononcées par le tribunal correctionnel d’Anvers, ce jeudi peuvent-elles avoir des conséquences sur le sort du professeur irano-suédois Ahmadreza Djalali, qui était professeur invité à la VUB. Il y a près de cinq ans, il a été arrêté en Iran, soupçonné d'espionnage et de complicité dans la mort de deux experts nucléaires iraniens. Fin 2017, il a été condamné à mort.

Fin novembre, son exécution semblait imminente. Sa femme avait reçu un coup de téléphone dans lequel il faisait ses adieux. Il avait été transféré dans une autre prison, tout indiquait que la peine de mort allait bientôt être exécutée. Or cela s’est produit juste au moment où le procès pour une tentative d’attentat terroriste allait commencer dans notre pays. Plusieurs experts y ont vu un signe de pression de l’Iran sur notre pays, un signe que Djalali pourrait être utilisé comme monnaie d'échange. L'épouse du médecin Ahmadreza Djalali soupçonne en effet que son mari soit utilisé comme moyen de pression par Téhéran pour libérer Assadollah Assadi.

Pour le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD), les deux affaires sont distinctes. "La justice doit pouvoir prendre sa décision et cela n'est pas lié au sort du professeur. Nous sommes très clairs quant à son sort : nous condamnons fermement la peine de mort. Le gouvernement belge a déjà demandé à plusieurs reprises que la peine de mort ne soit pas appliquée". Il souligne également qu'un échange n'est pas possible : "Ce n'est pas possible légalement, donc ce n'est pas sur la table aujourd'hui".

Téhéran dénonce fermement la condamnation de son diplomate

L'Iran a dénoncé "fermement" jeudi la condamnation d'un diplomate iranien par le tribunal correctionnel d'Anvers.

"La République islamique d'Iran condamne fermement l'annonce d'un tribunal à Anvers, en Belgique, selon laquelle M. Assadollah Assadi, un diplomate de notre pays, a été condamné à 20 ans de prison", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, estimant que "le processus judiciaire et le verdict" sont "illégaux et en violation flagrante du droit international".

M. Assadi, 49 ans, qui nie les faits, était poursuivi pour "tentatives d'assassinat à caractère terroriste" et "participation aux activités d'un groupe terroriste". Il était absent à l'énoncé du jugement.

"Malheureusement, la Belgique et certains pays européens, sous l'influence hostile du groupe terroriste des monaféqines (Hypocrites en persan, terme par lequel Téhéran qualifie les Moudjahidine du Peuple, NDLR) en Europe, ont pris une mesure aussi illégale et injustifiable", a ajouté M. Khatibzadeh.
 

L'Union européenne analyse les implications politiques du jugement anversois

De son côté l'Union européenne va analyser les implications du jugement du tribunal correctionnel d'Anvers, a indiqué le porte-parole du Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell.

"Les actes commis par cette personne sont totalement inacceptables. Elle figure d'ailleurs déjà sur la liste antiterroriste de l'UE", a souligné ce porte-parole, Peter Stano, lors du briefing quotidien de l'exécutif européen.
 

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