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BASF renonce à la construction d’une centrale au gaz à Anvers

L'entreprise chimique allemande BASF se retire du projet de construction d'une centrale électrique au gaz de 850 mégawatts (MW) à Anvers, rapportent les quotidiens L'Echo et De Tijd ce mardi. L’information a été confirmée à la VRT par BASF et l’entreprise énergétique Engie Electrabel. Le géant allemand de la chimie indique que la crise sanitaire affecte aussi son secteur et qu’il souhaite se recentrer sur ses activités principales. Produire de l’électricité n’en fait pas partie.

L'entreprise chimique s'était alliée au groupe énergétique Engie pour ériger sur le site chimique à Anvers une centrale électrique au gaz de 850 mégawatts (MW), soit environ autant que les centrales nucléaires Doel 1 et Doel 2 réunies.

Pour ce projet d’un coût estimé à 400 millions d’euros environ BASF et Engie entendaient bénéficier des subsides publics via le mécanisme de rémunération de capacité (CRM) visant à permettre à la Belgique de disposer d'une capacité énergétique suffisante lorsque les centrales nucléaires fermeront en 2025.

"En concertation avec le siège à Ludwigshafen (Allemagne), nous avons décidé que ce projet n'était plus prioritaire", a déclaré la porte-parole de l'entreprise, Fanny Heyndrickx, aux quotidiens économiques. "Bien que notre site se prête bien à la construction d'une centrale au gaz, le "business case" s'est révélé en définitive trop négatif. L'environnement économique est incertain. Le mécanisme de soutien ne fait pas apparaître clairement les compensations que l'on peut espérer des pouvoirs publics".

Avec une consommation annuelle d’électricité de 1,5 million de mégawatts et 5,7 millions de tonnes de vapeur, BASF est l’un des plus gros consommateurs d’énergie du pays. L’entreprise chimique possède déjà une centrale électrique dans le port anversois, d’une capacité de 400 MW, mais son permis arrivera à terme en 2023. Une rénovation ou un agrandissement sont actuellement à l’étude.

fotografie peter Hilz (C)

Sécurité d’approvisionnement ?

Avec l'abandon de son partenaire BASF, Engie Electrabel, le principal acteur énergétique en Belgique, voit s'évaporer une des quatre possibilités de nouvelles centrales au gaz. "Nous continuons à développer les trois autres projets à Vilvorde, Les Awirs et Amercœur", précise sa porte-parole Hellen Smeets.

La ministre flamande à l’Energie, Zuhal Demir (photo), est moins rassurée. Interviewée ce mardi dans l’émission "De ochtend" (VRT), elle lançait un appel à la ministre fédérale à l’Energie, Tine Van der Straeten (Groen), pour qu’elle indique clairement où en est la sécurité d’approvisionnement en énergie en Belgique, avant la fermeture des centrales nucléaires de Doel et Tihange.

Zuhal Demir estime aussi que cette clarté est indispensable si l’on veut encourager des entreprises étrangères à investir dans ce domaine en Belgique. "Il faut des certitudes sur les coûts de la main-d’œuvre et sur ceux de l’énergie", concluait la ministre régionale.

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