Lachaert: “Sihame El Kaouakibi doit d’urgence apporter transparence et clarté au parti"

Le président d’Open VLD Egbert Lachaert (photo archives) a appelé ce mercredi la députée flamande Sihame El Kaouakibi à apporter rapidement "de la transparence et de la clarté" après les informations faisant état d'abus des subsides versés par le parti à son association Let's Go Urban en vue de sa campagne électorale de 2019. On apprenait cette semaine que la députée flamande de 35 ans aurait reçu 50.000 euros du parti libéral flamand pour se lancer en politique. Une façon de procéder inhabituelle, qui a suscité la colère de certains autres élus d’Open VLD. La direction du parti s’est réunie mardi soir en urgence.

"En tant que parti, nous ne pourrons continuer avec quelqu'un qui n'offre aucune clarté", a commenté ce mercredi matin le président des libéraux flamands au micro de la VRT-radio. Egbert Lachaert dit par ailleurs comprendre le mécontentement au sein du parti concernant ce versement de 50.000 euros dont a bénéficié l'Anversoise, mais invite à le remettre "en perspective".

"Je comprends ces réactions à la base du parti", a ajouté Lachaert. Celles-ci proviennent de militants qui sont actifs depuis longtemps dans le parti et "qui ont dû mettre leurs propres deniers dans leurs campagnes". Le président d'Open VLD justifie toutefois cet "investissement" réalisé par son prédécesseur, Gwendolyn Rutten, sur Sihame El Kaouakibi (photo).

"Il s'agit de quelqu'un issu du plus grand arrondissement électoral (Anvers) où les libéraux n'ont pas la vie facile, de quelqu'un au profil unique dont on a pensé qu'elle pourrait être une plus-value pour le parti", a expliqué Egbert Lachaert. Il souligne que les 50.000 erutros n’étaient pas un simple "cadeau", mais devaient servir à la campagne électorale de la jeune Anversoise. Le président d’Open VLD entend toutefois "tirer les leçons" de cette affaire.

Quant aux suspicions d'abus concernant l’association artistique Let's Go Urban, le président de l'Open VLD rappelle que chacun est présumé innocent jusqu'à preuve du contraire. Un point qu’avait aussi souligné El Kaouakibi dans une réaction vidéo aux critiques qui lui sont adressées. Egbert Lachaert estime que c'est à la justice à présent de faire son travail. Il attend toutefois dès à présent de la députée toute la clarté, ce qui a fait défaut jusqu'ici, selon lui.

Rutten justifie l'octroi de 50.000 euros à Let’s Go Urban

L'ancienne présidente de l'Open VLD, Gwendolyn Rutten (photo archives), a confirmé mardi que, lors de son départ de la direction des libéraux flamands, une société appartenant à une députée Sihame El Kaouakibi a reçu environ 50.000 euros du parti. Cette décision se justifiait par le "positionnement unique et le lancement professionnel en politique" de cette jeune femme, a expliqué Rutten sur sa page Facebook.

Une semaine après que Sihame El Kaouakibi ait été citée pour un possible abus de subsides à son asbl "Let's go Urban", son nom est revenu à l'avant-plan. Selon un article du site internet Newsmonkey, elle aurait reçu 50.000 euros pour son passage en politique. En soi, ce n'est pas illégal mais c'est pour le moins inhabituel. L'ex-présidente des libéraux flamands était l'invitée mardi soir de l'émission Terzake sur Canvas (VRT) mais elle a annulé sa participation dans l'après-midi. Dans son message sur Twitter, Gwendolyn Rutten dit vouloir mettre les points sur les "i" de manière "ouverte et claire pour tout le monde, à l'intérieur et à l'extérieur du parti". Elle met en avant "la spécificité" que Sihame El Kaouakibi voulait conserver et "l'approche personnelle ainsi qu'un encadrement professionnel choisi par elle".

"Elle n'était donc pas définie comme une figure de l'Open VLD. En tant que parti, nous pouvions y souscrire, parce que Sihame El Kaouakibi apportait un vent de fraîcheur qui renforcerait notre parti dans une province importante" (Anvers). L'argent a été versé à la société de la députée. Les coûts sont considérés comme des dépenses électorales de l'Anversoise.

"Les partis font tous et tous les jours des choix sur l'utilisation de leurs moyens en vue de soutenir des personnes, organiser des événements ou diffuser leurs idées", a ajouté Rutten, évoquant les dépenses consenties par exemple pour des annonces sur les réseaux sociaux ou dans les médias. "Notre parti a jugé à ce moment que ces investissements financiers dans le lancement politique professionnel de Sihame El Kaouakibi constituaient un bon investissement pour l'ensemble du parti, à Anvers et ailleurs".

Cette affaire n'a rien à voir avec celle qui entoure Let's Go Urban, soulignait encore l'ex-présidente. La justice doit faire son travail, a-t-elle rappelé en insistant sur la présomption d'innocence dont bénéficie Mme El Kaouakibi. En début de soirée, le parti et le groupe Open Vld au parlement flamand ont demandé à la députée de fournir "à court terme" des explications sur l'usage de subsides et de faire preuve de "réserve" dans ses activités politiques.

Le tribunal de l'entreprise d'Anvers a désigné il y a quelques jours un administrateur provisoire pour l'asbl Let's Go Urban en raison de soupçons de malversations financières. Cette association, qui a fait connaître Sihame El Kaouakibi, organise depuis 2009 des ateliers et des formations destinés à des groupes de jeunes de divers horizons dans des disciplines diverses: hip-hop, slam mais aussi condition physique. Elle a remporté des prix à plusieurs reprises.

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