Les ports d'Anvers et de Zeebrugge fusionnent : "un moment historique"

La fusion longtemps attendue des deux ports flamands est devenue une réalité. L’entreprise portuaire "Port of Antwerp Bruges"' devient ainsi la seconde plus grande en Europe (ce qu’Anvers était déjà à elle seule) et la treizième dans le monde, avec un volume total de 278 millions de tonnes. Les discussions remontent à deux ans environ et l'accord a été officialisé ce vendredi par les autorités portuaires d'Anvers et de Zeebrugge. L'opération doit encore recevoir l'aval de l'Autorité de la concurrence. L'intégration devrait être bouclée d'ici la fin de l'année. Tous les partis impliqués parlent d’un "accord historique".

"C'est un jour magnifique pour la Flandre", a commenté le ministre-président flamand Jan Jambon dans un message vidéo posté sur ses réseaux sociaux. Il évoque une nouvelle "bouleversante dans le sens positif du terme". La fusion va dans le sens de ce que le gouvernement flamand souhaitait depuis un certain temps déjà. C’est le CEO du port anversois, Jacques Vandermeiren, qui dirigera le port fusionné.

Sur le plan économique, "Bruges et Anvers sont des marques très fortes. L'alliance des deux ports va contribuer à la relance de l'économie flamande", se réjouit le ministre-président N-VA. Les deux ports sont très complémentaires, Zeebrugge étant connu pour son trafic de voitures alors que le trafic de conteneurs est très important à Anvers. L'industrie pétrochimique occupe aussi une place prépondérante.

Nicolas Maeterlinck

Annick De Ridder (N-VA), échevine du port d'Anvers et présidente du conseil d'administration de l'Autorité portuaire d'Anvers, espère faire de la nouvelle structure "le port Energie de l'Europe".

"Des bureaux d'études indépendants ont été engagés pour examiner la spécificité des deux ports. Les recherches ont déterminé que non seulement une fusion allait permettre aux deux entités de poursuivre leurs activités respectives, mais qu'en plus, cela allait créer une plus-value", a expliqué Dirk De fauw, bourgmestre de Bruges et président de l'Autorité portuaire de Zeebrugge. "Si on voulait bien faire les choses pour les deux ports, pour la Flandre et pour l'Europe, la fusion s'imposait", a-t-il ajouté.

Important aussi pour l’emploi

Cette fusion est également importante pour l’emploi en Flandre. Le port anversois emploie près de 64.000 personnes, celui de Zeebrugge un peu plus de 10.000 personnes. Ensemble, cela fait plus de 70.000 emplois, auxquels s’ajoutent autant d’emplois dérivés, dans les secteurs de la construction et du transport notamment. Des emplois qui ne sont pas limités aux zones portuaires mais à l’entièreté du pays.

Tant le bourgmestre Dirk De fauw que l’échevine Annick De Ridder se sont voulus rassurants sur les effectifs en place dans les deux ports. "Nous voulons faire de cette opération une plus-value pour les collaborateurs également. Le rapprochement ne va pas entraîner de licenciement. Il peut au contraire offrir aux travailleurs des opportunités pour des changements en interne", a précisé De Ridder, ajoutant rester en contact avec les partenaires sociaux pour mener la fusion dans les meilleures conditions.

Yorick Jansens

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